‹ La représentation des intérêts: dans les corps élusChapitre 6 sur 47 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

car ce département, cet arrondissement dont il dépend, sont créés d'hier et englobent toute une population aux mulüples occupations. Ce n’est qu'un fragment quelconque du territoire national, séparé pour les besoins de l’administration et que l’on a prétendu apte à servir au morcellement du corps électoral, morcellement commandé par les besoins de la pratique. Mais à quoi bon introduire une division nouvelle du pays? L'ancien régime en connaissait une qu'il devait à l’histoire même. Oui! mais là précisément était le vice rédhibitoire de ce fractionnement. Il avait été la chose de l’ancien régime, et de celui-ci, il ne devait pas subsister la moindre trace. « Le pays voulait, avec un instinct tout-puissant, l’anéantissement des causes complexes des souffrances qu'il éprouvait. Malheureusement, le progrès, en vertu de la loi des contrastes, est trop souvent simplement négatif; il détruit des abus, mais 1l ne détermine pas toujours des reconstructions'!. » Les Constituants étaient, du reste, encouragés par les doléances de certains bailliages qui réclamaient leur rattachement à des provinces voisines. Il faut cependant reconnaître que, dans la division nouvelle du territoire, on tint compte autant que possible des désirs des populations, qu'en maints endroits on conserva les limites provinciales?. Mais où résidait le mal, c'était dans le morcellement même de ces territoires habitués à former des unités pour ainsi dire historiques. Leurs fractions devaient rester sans vie. Ni groupements, ni provinces, mais le régime représentatif assis sur les individus épars et des circonscriplions arbitrairement délimitées qui, suivant le désir de Rousseau, ne risquaient pas d’absorber la moindre parcelle des sentiments ou des actes des citoyens au détriment de l’État;

{ Séverin de la Chapelle, Nouvel organisme de la souveraineté nationale en France, p.rret.

? Edme Champion, Esprit de la Révolution française, p.157 el suiv,

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