‹ La représentation des intérêts: dans les corps élusChapitre 7 sur 47 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

ce même régime assurant l’expression et l’action d’une souveraineté nouvelle par cela seul qu'elle reposait en d'autres mains ; voilà donc à quel résultat aboutissaient la Constitution et la législation électorale de la Révolution. Tous les liens étaient brisés, toutes les vieilles bases sapées. Le terrain devenait mouvant el inconsistant. Séduisant à la surface, sous la floraison des grands principes, il était miné par dessous.

Peu à peu les fissures ont gagné l'extérieur. L'introduction du suffrage universel a provoqué une commotion décisive. Les crevasses ont apparu, béantes. On les a regardées, d’abord avec étonnement, puis avec angoisse. Aujourd'hui, on pense qu'il est temps de reprendre le régime représentatif en sousœuvre et de le doter d’un tréfond solide.

Peut-être serait-il profitable, au moment d'entreprendre cette tâche, de méditer ces lignes de M. Laugel: « Nous faisant voir d'où nous venons, l’histoire peut nous apprendre où nous allons. La France, à travers ses révolutions récentes, a trop oublié sa propre histoire. On lui a, à la fois, dit trop de mal des temps passés et trop de bien de son état présent'. » Ce qui a perdu les législateurs de la Révolution, ce fut leur partipris d'innovation, leur esprit de système, leur goût pour les formules. Ils voulaient, « par la seule vertu de la géométrie politique », créer « le navire idéal? ». Ils pensaient que rédiger une loi ou une Constitution devait suffire pour la rendre agréable à la nation. El cependant, comme le dit M. Ch. Borgeaud, « le but des constitutions écrites n’est pas de créer de toutes pièces des formes de gouvernement, c’est de consacrer celles qui existent, qu'elles soient le résultat d’une révolution violente, ou l’œuvre d’une évolution séculaire. En

1 A. Laugel, la France politique el sociale, p. 336. 2 Taine, les Origines de la France contemporaine. La Révolution, t. I,

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