‹ La représentation des intérêts: dans les corps élusChapitre 8 sur 47 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

ce sens, « les Constilutions croissent », comme disait Mac-

kintosh! ».

En face du corps électoral, se trouvent les hommes qui briguent ses suffrages. Ce qu'ils sont est de toute importance, puisque c’est sur eux que va retomber une bonne part du poids des affaires publiques. Or, par le temps qui court, la confiance qu'ils inspirent est très limitée; elle menace de diminuer encore. Comme conséquence, la valeur des candidats ira diminuant. C’est logique! La vie politique est semée de trop de désillusions et de calomnies. En peu d’années un homme s’y use; et, si désintéressé qu'il soit, il regrette un jour l’abandon de ses propres affaires, parce qu'il a conscience du peu de résultats de ses efforts dans les affaires publiques. Il ne recueille même pas, en échange de ses sacrifices, quelque considération parmi ses concitoyens. La fonction de député est dépréciée au delà de toute justice. Les braves gens, les gens intelligents et capables en voudront de moins en moins. Ils seront remplacés de plus en plus par les politiciens qui formeront en France, comme déjà en Amérique, un monde à part. Aux États-Unis on a longtemps limité leur rôle; mais actuellement ils envahissent toute la vie publique, ils se mêlent aux affaires des associations et des particuliers qui avaient été Jusqu'ici soustraites à leur intervention.

On est menacé de la même plaie de ce côté-ci de l'Océan. Il en est des signes certains.

«On voit aujourd'hui les compétences spéciales se cantonner dans le cercle de leur profession et se tenir à l'écart des affaires publiques, d’une part, parce que le souci de la carrière absorbe de plus en plus l’activité et ne laisse que bien peu de loisirs

! Mackintosh, Etablissement et revision des constitutions, p. 46.

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