‹ La représentation des intérêts: dans les corps élusChapitre 9 sur 47 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

pour les charges de la vie publique, elles-mêmes si absorbantes'; d'autre part, parce que les hommes de profession, disposés à consacrer une partie de leur temps aux affaires publiques, attendent d'ordinaire qu'on fasse appel à leur dévouement et ne vont pas, par ambition personnelle, briguer des mandats politiques. Il en résulte qu’on laisse de côté les méritants et les modestes dont la capacité et le désintéressement seraient susceptibles de rendre de grands services dans les Assemblées et que le premier plan de la scène politique est accaparé par les médiocres et les ambitieux qui, n'étant pas gênés par l'exercice d’une profession, peuvent se livrer entièrement à la politique dont ils font un véritable métier?. »

Avec les modestes et les découragés, les sceptiques, les indifférents et les adversaires irréductibles du régime en vigueur désertent la vie publique.

M. Paul Lafitte estime qu'ils forment en France toute une classe d'hommes instruits et indépendants ; et qui, s'ils ont perdu l'influence à laquelle ils pouvaient prétendre, ne peuvent en accuser que leur désir de tranquillité ou leur timidité ; 1ls sont satisfaits pourvu que l’ordre règne dans la rue. M. Paul Lafitte leur oppose les conservateurs intransigeants qui s’imaginent, par leur inertie même, obliger toute la société à s’arrèter dans son évolution.

A cette opposition systématique, à cette Imdifférence ne peuton trouver de circonstances atténuantes? Certainement si; et

1 « Ajoutez que la continuité ininterrompue du travail parlementaire, ou de ce qui en tient lieu, a l'inconvénient grave de transformer la députalion en un métier qui accapare tout l'homme et d’écarter, par conséquent, de la vie politique beaucoup d'activités, d’intelligences et de valeurs. » (R. Poincarré, Vues politiques, Revue de Paris, 1°* avril 1898, p. 647.)

2 Th. Ferneuil, la Crise de la souveraineté nationale et du suffrage universel (Revue politique et parlementaire, 1o décembre 1896, p. 498.)

3 Paul Lafitte, le Suffrage universel el le régime parlementaire, p. 73 el 74.

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