‹ La représentation des Intérêts et l'importance des éléments professionnels dans l'évolution et le gouvernement des peuplesChapitre 26 sur 36 · CHAPITRE :X · texte numérisé non relu

CHAPITRE :X

nos RÉSULTATS

Ce qu'il faut dans la guerre, c'est le succès. Ce qui compte, ce ne sont pas les projets, si harmonieux qu'ils soient, ce ne sont pas les rêves, même les plus éthérés, — ce sont les résultats. Certes, en tout temps, l'esprit humain peut se complaire sur les hautes cîmes de l'idéal où la lumière est si constamment pure, mais de même qu'une vie continuelle ne serait point possible sur les sommets des montagnes, m^algré l'air sain et le paysage admirable, de même il est nécessaire que l'activité humaine se reporte aussi sur l'existence ordinaire, sur les besoins matériels, sur la vie économique : par suite, s'il est juste de glorifier le courage militaire, s'il est beau de souffrir pour la Patrie, de mourir pour elle, — il est non moins nécessaire de maintenir l'activité professionnelle de la Nation et il est donc du plus haut intérêt de rechercher si les innovations d'hier ont donné des résultats féconds.

L'AUBE D^UHE RËSURRECTlOn PROFESSIOnnELLE ET ÉCOHOMIQUE

a) Les paysans

lycs professionnels de la terre ont montré une louable volonté de résistance et de travail.

Ils ont essayé de remédier à la crise de la maind'œuvre en constituant des Comités de recrutement étranger, en utilisant les réfugiés, les prisonniers, les coloniaux. C'est ainsi que le concours des ouvriers kabyles a été utilisé pour les moissons de la Beauce, celui des Espagnols pour les champs du Midi. Iv' Académie d'Agriculture a même étudié (i) la question de l'importation de la main-d'œuvre chinoise.

Pour les machines, de nombreux syndicats de motoculture ,de labourage et d'outillage ont été organisés.

Ce n'est point là d'ailleurs le seul exemple d'organisation corporative, d'entr'aide professionnelle : dans la Somme, dès 1915, un syndicat d'initiative s'est donné pour tâche de remplacer, sans espoir de lucre, les paysans absents en leur réservant le bénéfice intégral de l'exploitation; ailleurs les municipalités, les syndicats, les coopératives ont constitué, m.algré la difficulté des transports, un stock d'engrais, de semences, d'agents parasiticides, qu'ils livrent bien au-dessous des cours du commerce local.

b) Les industriels et les ouvriers

L/es professionnels de l'usine et de l'ateHer ont réussi cette improvisation magnifique qui nous perme:).

(1) Février 1916.

aujourd'hui de lutter contre la stratégie industrielle de l'Allemagne. Ils ont réalisé ce programme d'Albert Thomas : « Combler, ou du moins, diminuer chaque jour, l'écart entre nos ressources et nos besoins

Créer des fours Martin nouveaux, établir de nouvelles batteries de four^ à coke, de nouveaux hautsfourneaux et nous libérer ainsi de toute dépendance. » Dans toutes les régions de France, des manufactures nouvelles se sont élevées, des barrages puissants ont capté les forces hydro-électriques (régions du Centre, de l'Isère, etc). L'industrie chimique surtout, monopolisée par les Allemands, se développe rapidement chez nous (récentes usines de Port-de-Bouc, Saintlyouis, Rassuen, etc.)

De plus, un mouvement fécond de coopération professionnelle s'est établi; il ne s'agit plus d'un étatisme autoritaire, d'un socialisme déguisé; l'industrie tend à devenir nationale sans cesser d'être libre et dans la concurrence entre nations, elle aura un avantage évident sur celles des pays où les efforts individuels restent sans coordination méthodique. L'Etat a soutenu les industriels par des avances, des commandes, de la main-d'œuvre; il les a guidés par ses conseils. Mais il n'a heureusement pas réquisitionné leurs usines, détruit leur liberté et par là le ressort de leur activité; il s'est efforcé de grouper leurs efforts, leurs recherches, leurs productions par. une coopération plus intime et plus féconde. C'est d'ailleurs l'exemple suivi par les grandes nations d'aujourd'hui, même par les neutres. Nous voyons ainsi le « Bureau des Mines de Washington » (i) procéder au nom du gou-

(1) Revue des sciences pures et appliquées, n» du 15 Mai 1916.

vernement à des enquêtes générales auprès des industriels pour « concentrer les renseignements sur les divers procédés appliqués, comparer les résultats au point de vue de la qualité et du prix de revient et en tirer des conclusions pratiques, qui serviront aux chefs d'industrie pour améliorer le matériel ou l.es méthodes dont ils s'étaient contentés jusqu'alors ».

c) Les commerçants

Il s'agissait de réagir vigoureusement car « dans plusieurs domaines, c'était bien plus encore notre organisation commerciale que notre organisation industrielle qui laissait à désirer. » (i)

lycs nouvelles foires françaises des échantillons (lyyon, Bordeaux, Paris, le Havre) ont pleinement réussi. lya première, celle de Lyon, a recruté 1342 adhérents, répartis en seize catégories : I. Automobiles et accessoires; — II. Métallurgie et outillage; — III. Machines agricoles; engrais; — IV. Meubles de fer et de bois; mobilier de jardin; — V. Produits chimiques; — VI. Tissus et filés; — VII. Bijouterie, horlogerie, orfèvrerie; — VIII. Electricité et gaz; — IX. Jouets, maroquinerie, celluloïd; — X. Alimentation; — XI. Vêtements et accessoires; — XII. Pelleteries et fourrures; — XIII. Papeterie, librairie, imprimerie; — XIV. iidministrations ; — XV. Musique; — XVI. Divers.

Lt'Office national du commerce extérieur », 1' « Exportateur français », etc. (2) ont grandement aidé nos voyageurs, nos négociants en multipliant les en-

(1) M. Emile Picard, de l'Académie des Sciences.

(2) Voir ci-dessus, Chapitre vin, ^ ^ „.

quêtes à l'étranger, en stimulant le zèle de nos agents consulaires, en donnant des listes très étudiées d'acheteurs, de produits recherchés, de prix, d'adresses de représentants.

L'ACTlOn DES nOUVEAUX ORGAHES DE REPRÉSEnTATIOn PROFESSÏOnriELLE

a) hvanlaqes des Comités consultatifs d'action économique

Les « Comités consultatifs d'action économique » ont donné quelques résultats appréciables qui sont consignés dans le rapport de M. Jean Hennessy sur leur fonctionnement (i) : « I^es Comités consultatifs ont rendu des services importants : facilité l'entente entre les autorités civiles et militaires, permis d'étudier, avec des vues d'ensemble, des problèmes généraux, de régler certaines questions sur place, d'obtenir enfin du pouvoir central, par des revendications

nettement précises, de nombreuses améliorations

Pour la première fois, des représentants du monde du travail, compétents dans toutes les branches de l'activité régionale, commerce, industrie, agriculture, se trouvaient réunis avec des conseillers généraux, représentants des corps élus; ils émettaient leurs idées

(1) Rapport fait au nom de la Commission d'administration générale, départementale et communale, par M. Jean Hennessy; annexe au procèsverbal de la séancedu 25 Juillet 1916; Chambre des députés, onzième lé* gislature, N° 2400.

les discutaient avec ceux qui ont présentement charge d'administrer. Quelles conséquences ce travail en commun ne présage-t-il pas ? I^es conceptions ont vite fait de s'élargir et, rapidement, le secondaire est subordonné au principal; déjà plus d'un Comité, non satisfait de traiter les questions actuelles, s'est préoccupé de l'après-guerre, de la grande rénovation provinciale ; dans cette assemblée embryonnaire apparaît

l'assemblée régionale de demain I^es Comités se

sont attachés à résoudre de difficiles problèmes commerciaux, agricoles, mdustriels, financiers, sur lesquels se fonde le développement économique du pays. Fréquemment ils se sont divisés en sections agricoles, industrielles, commerciales, maritimes ou du «travail», lycurs études ont porté sur des questions de toute espèce, les unes spéciales à certaines régions, d'autres plus générales : exploitations agricoles, forestières et minières, engrais, semences, machines agricoles, mise en culture des terres, ravitaillement en denrées, en charbon, conditions des réquisitions, contingent des marchandises à fournir à la Guerre, fonctionnement d'industries locales telles que : minoterie, beurrerie, laiterie, etc., recrutement des ouvriers spécialistes, tels que constructeurs de bateaux, maréchauxf errant s, conducteurs de machines de toute espèce, etc.. Il ne nous est pas possible de les citer toutes

ou de les examiner en det3.ii Après dix-huit mois

(i) de guerre, c'est grâce aux Conseils consultatifs d'action économique des trois régions : Bordeaux, H oulouse et Montpellier, que la navigation commence

(1) Le rapport de M. Hennessyja été déposé en 1916-J P

à reprendre sur les deux canaux du Midi et latéral à la Garonne. Au prix d'efforts multiples, de démarches répétées, on espère se procurer et les mariniers et les 300 chevaux nécessaires. lyors de notre enquête, ils n'étaient pas encore rendus sur les lieux. Si minime que soit le résultat, nous devons le constater et nous dire qu'il est dû en grande partie aux efforts combinés des Conseils consultatifs d'action économique des trois régions intéressées Sur intervention

des Conseils consultatifs d'action économique, de nombreux sursis ont été accordés à des militaires français. Certes la question est délicate, et les besoins des armées sont grands, mais l'avis émis par une assemblée aussi importante offre des garanties plus grandes que celui, parfois un peu complaisant d'un maire et devrait toujours entraîner la décision de l'autorité militaire ? Toute une industrie peut subitement s'arrêter par l'absence d'un seul homme et provoquer de grandes répercussions dans la vie locale, régionale et même nationale. Le cas nous fut signalé en maint endroit ».

« Ainsi, conclut M. Hennessy, par les nombreuses questions qu'ils ont traitées, les Conseils consultatifs d'action économique ont rendu depuis leur création des services effectifs; mais, et ceci est peut-être plus important, ils ont déjà discute l'avenir. Leurs membres envisagent demain, avec l'activité renaissante après la victoire, nos capitaux servant à la mise en valeur de notre pays, la machine suppléant à la main-d'œuvre employée dans les fermes comme dans les usines, l'utilisation de toutes les ressources, l'exploitation de toutes nos richesses. »

L'action de ces jeunes assemblées professionnelles, bien que limitée par la situation actuelle est donc pleine de promesses. Elle s'annonce merveilleuse et durable pour le jour où la paix revenue, ces assises des métiers, établies sur des bases élargies, homogènes, deviendront l'organisme indispensable de notre renaissance économique. Car c'est bien cette insuffisance de recrutement et de pouvoirs qui a causé les quelques lacunes relevées par la Commission.

b) Lacunes de cette organisation

En effet, sur l'organisation de ces Comités, la Commission a présenté de très justes critiques. Elles se trouvent ainsi résumées dans le rapport de M. Hennessy :

« D'après les résultats de l'enquête, il y a tout lieu de croire que les Conseils auraient rendu de meilleurs services,

1° Si au lieu d'être consultatifs, leurs décisions étaient, en ce qui concerne leur ressort, immédiatement applicables;

2° S'ils disposaient d'un budget important;

3° Si, au lieu de correspondre avec des Ministres différents et fréquemment pour le même objet, toutes leurs demandes étaient centralisées par un seul Ministre ;

4^ Si, au lieu d'étendre leur action et de recruter leurs membres dans la zone de la région militaire, ils groupaient les intérêts plus réels, mieux soudés entre eux, des régions économiques, formées depuis plusieurs années déjà autour de grands centres urbains ;

5° Si leur composition avait été mieux conçue et notamment s'ils comprenaient des représentants de la classe ouvrière;

6° S'il était prescrit aux préfets des départements compris dans la région d'assister aux réunions présidées par leur collègue, le Préfet du département où siège le Comité;

70 Si les communications provinciales étaient plus rapides et plus aisées ».

« Combien, dit plus loin M. Hennessy (i), l'utilité de cette assemblée serait fortifiée si, au lieu de se borner à des études rendues difficiles, parce qu'elles ne peuvent aboutir à une décision, elle pouvait statuer, si, au lieu d'être pauvre, elle disposait d'un budget, si, enfin, au lieu d'être composée d'hommes nommés par le gouvernement, elle renfermait les représentants du suffrage universel organisé, soumis à ses critiques, à sa surveillance quotidienne » (2).

c) Rapprochements professionnels

En attendant, nous pouvons saluer avec joie les premiers bienfaits du rapprochement des métiers dans des assemblées professionnelles : « Il n'est pas douteux que les groupements qui fonctionnaient avant la

guerre présentaient l'inconvénient de s'ignorer,

de ne pas avoir de réunions communes, par suite de

disperser les efforts I^es Comités ont eu le gros

intérêt de réunir des représentants des agriculteurs.

(1) Même rapport du 25 Juillet 1916..

(2) C'est aussi l'avis du Comité consultatif de la 15« Région qui signale (annexe au rapport précité), comme raison d'insuffisance, » son caractère •eulement consultatif » et son « manque de pouvoirs propres »

des commerçants, des industriels et des ouvriers, de les mettre en contact, de leur faire connaître d'autres besoins que ceux de leur profession et les difficultés que pouvait rencontrer un autre groupement que le leur.IvC résultat a été l'union pour les questions communes, transports par exemple, et l'aide mutuelle pour les questions particulières. » (i)

L'ASSAiniSSEMEriT POLITIQUE ET GOUVERHEMEnTAL

• La guerre, en rassemblant les forces vives de la Patrie, a causé un affaiblissement des passions politiques au profit des préoccupations économiques.

a) Dans la trêve des partis

Tous les bons Français ont voulu se souvenir des magnifiques paroles de M. Raymond Poincaré proclamant, à la mobilisation, que désormais « il n'y avait plus de partis, il n'y avait que la France éternelle. » Et l'on a pu retrouver les mêmes idées à' union et de concorde dans les discours des hommes politiques les plus éloignés, depuis M. Denys Cochin ou M. Louis Barthou, jusqu'à M. Emile Combes (2) et M. Albert Thomas.

Les rapprochements les plus symptômatiques se sont opérés. Ainsi l'on a pu voir le citoyen Jouhaux, secrétaire général de la C. G. T., prendre part au déjeuner mensuel de la « Fédération des industriels et

(1) Rapport précité (Docum. parlem. 25 Juillet 1916 N° 2400), annexe : Comité consultatif de la 12* Région,

(2) Discours au Conseil général. Avril 1916.

commerçants français » et y faire un discours aux patrons (i), sous la présidence de M. André Lebon.

A la tribune de la Chambre (2) M. le député Bedouce — renonçant aux côtés odieux du socialisme qui exproprie et asservit — n'a pas hésité à rapprocher son système des saines idées d'association : « Si nous restons attachés aux monopoles d'Etat nécessaires, nous n'en faisons pas une condition essentielle de toute mise en valeur des richesses nationales. Si nous nous sommes opposés et nous entendons nous opposer aux concessions sans limites et sans contrôle, nous ne sommes pas les ennemis d'une politique d' association dans laquelle sous le contrôle étroit de l'Etat, l'initiative privée, apportant ce qu'elle a de vivifiant, ne pourrait pas aller jusqu'à faire passer les intérêts privés au-dessus des intérêts publics. »

Enfin, à Toulouse même, M. Albert Thomas, remettant la Croix de la Légion d'honneur au Commandant Prangey, directeur de la Poudrerie Nationale, a prononcé ces paroles de concorde : « Je récompense en vous ce magnifique corps de jeunes ingénieurs et savants qui a fait surgir du sol ces organisations grandioses qui provoquent l'admiration du monde. Par vous, c'est une France industrielle admirable, qui se prépare. Et nous vous demanderons, la guerre finie, de continuer de prêter à la France, pacifique et glorieuse, le précieux appui de votre science et de votre patriotisme. » (3) C'est avoue^

(1) 4 Mars 1916.

(2) Novembre 1916.

(3) 1" Août 1916.

l'abandon des théories politiques du socialisme d'avant-guerre, négatrices de la hiérarchie industrielle; c'est reconnaître la nécessité des disciplines profes' sionnelles et des élites.

b) Dans la vie administrative

En face du mouvement politique, la vie administrative n'est pas restée étrangère au renouveau qui, brisant les conceptions surannées, imposait les prépondérances économiques. « Plusieurs préfets, placés par la guerre en face des réalités et mis, aux prises avec les difficultés, ont nettement compris l'évolution économique moderne, à laquelle ils avaient pu rester jusqu'alors indifférents : ils ont cherché, souvent trouvé, à des questions difficiles, de promptes et heureuses solutions ; ils ont consulté des spécialistes compétents. Ils ont agi : leurs conceptions ont été modifiées. lycur rôle d'administrateur, leurs fonctions politiques, ils le savent, peuvent désormais dépendre de leur intelligence des questions économiques. Un grand réveil s'est fait dans tous les esprits en France; la sécurité dans laquelle s'endormait une nation trop riche d'apparence n'est plus; les défauts constatés chez nous, l'exemple de nos adversaires, la révélation du développement mondial, commencent à transformer la mentalité; l'esprit critique s'exercera davantage sur les actes du Gouvernement ou de ses représentants dès que la liberté de la presse sera rendue; le peuple exigera davantage; il ne souffrira pas qu'ils méconnaissent aucune des questions dont le relèvement économique de la France dépend.

Il réclamera de grands administrateurs Aussi

beaucoup de préfets ou de personnalités de l'Admi-

nistration préfectorale, estimant que l'avenir de la France dépend de l'activité économique, découvrent déjà les avantages incontestables de l'organisation régionale et professionnelle, et se préparent par des études sérieuses à être dignes du grand rôle qui s'offre à eux. Tous, d'ailleurs, se sont dès le début de la guerre, mis résolument à la besogne, s'efforçant de résoudre, sur place, de délicates questions économiques, et ont témoigné, dans l'exercice de leurs fonctions, d'un zèle constant. Ils ont été secondés par les représentants du sous-secrétaire d'Etat au Ravitaillement et à l'Intendance. lyC choix d'hommes jeunes, actifs, intelligents, à l'esprit ouvert, pour la plupart, aux idées modernes, paraît avoir été excellent. » (i)

c) Dans les conseils du Gouvernement

lya routine immuable et bureaucratique des Ministères multiples (agriculture, commerce, travaux publics, travail, etc.) — où l'on préparait surtout les récompenses politiques aux militants (décorations et emplois) et aux circonscriptions (subventions, travaux locaux), où les initiatives étaient isolées ou contradictoires, — avait attiré l'attention des réformateurs, de M. Hennessy en particulier : <( il devient chaque jour, plus évident qu'une grande réforme des directions centrales devra être effectuée après la guerre; un « Ministère économique » reliant entre eux les services administratifs économiques de l'Etat dépendant jadis du Ministère de l'Intérieur (Agriculture, Commerce, Travaux publics, Travail, Ma-

(1) Rapport de M. Hennessy (Docum. parleni. 25 Juillet 191G, N° 2400)

rine marchande), devra être créé avec des directions ou des sous-secrétariats d'Etat. A une décentralisation effective, doit correspondre une centralisation mieux réglée. Organisation régionale, refonte de nos administrations centrales, telles sont les deux grandes réformes symétriques, qu'il nous faut dès maintenant envisager, pour donner à notre pays tout le développement économique dont l'avenir politique de la France dépend » (i).

Cette œuvre de coordination professionnelle a été réalisée par le dernier cabinet Briand (2), où. le nouveau « Ministère économique » est confié à M. Clémentel.

concLUSion

Tous ces résultats acquis au milieu des difficultés présentes sont de bon augure pour l'avenir; ils prouvent la vitalité française, l'esprit de résistance, l'ingéniosité de nos professionnels, de nos penseurs et de nos hommes d'action. N'en déplaise au professeur Ostwald, d'Outre-Rhin, notre race a prouvé qu'elle n'était pas réfractaire aux idées d' « organisation »; il importe seulement de ne pas ralentir ces efforts, de les poursuivre sans trêve dans tous les domaines de l'activité professionnelle, par une large « politique de mouvement » ! <( Oui du mouvement, un effort incessant de création, une réaction énergique de la vie contre les œuvres néfastes de la mort, voilà ce que nous avons demandé, voilà ce que nous ne cesserons de ré-

(1) Rapport de M. Hennessy (Docuni. parlem. 25 Juillet 1916. N" 2400.

(2) Décembre 1916.

clamer pour le salut, pour l'avenir de la Patrie et de la République. Il ne suffit pas que le Gouvernement et le Parlement prennent les mesures de circonstance qu'imposent les événements. Il faut voir de plus haut et de plus loin. Il faut que cette guerre atroce, dix fois plus horrible que les convulsions du xix^ siècle à son début, nous fournisse l'occasion d'une renaissance et d'une réforme dont nous avons le plus grand besoin » (i).

(1) M. Ed. Herriot, Agir, page 73.

« Mous avons négligé de préparer la guerre pendant la paix : ne négligeons pas aujourd'hui de préparer la paix pendant la guerre. »

(Probus, la plus grande France, page 1).

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