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écrivait-il,-on :a:trouvé le. moyen de, prendre la multitude par l’appât de la liberté,-elle-suit en aveugle, pouvu qu’elle <n entende:seulement le nom. »
Mais n'est-ce: pas là un danger inhérent à tous les systèmes politiques ayant accepté pour base la représentation populaire | Logique avec elle-même la Révolution acceptait toutes les conséquences de ses destructions systématiques. Une fois la royauté abolie, les ordres supprimés, les anciens cadres brisés, il était affirmé qu’à tout jamais le pouvoir ne viendrait plus d’en-haut. D'où pourrait-il donc venir —-sinon d’en'bas — que pouvait-il être, sinon l'émanation directe de cette poussière d’individus, parcelles clairsemées et capricieuses échappées aux anciennes cellules idissociées.
Et'le citoyen fut proclamé roi — Pauvre symbole qui prétend faire tenir en équilibre sur des millions de têtes une couronne qui ne souffre d’orner qu’un seul front.
Quoiqu'il en soit la démocratie est une puissante réalité ; elle est entrée dans.les mœurs et ne semble pas prête de s’en échapper. Les peuples modernes n’acceptent pour dictateurs que les maîtres qu'ils se figurent s'être donnés eux-mêmes ; ils ne veulent plus se soumettre qu’à leurs. élus. C’est avec ce sentiment général qu'il faut compter ; c’est en le respectant qu’il faut construire.
Napoléon l'avait déjà compris puisqu'il eut toujours le souci, malgré son despotisme d'entretenir sa popularité æt après lui Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe essayèrent d’étayer leurs royautés constitutionnelles sans pouwoir nier cette réalité sociale nouvelle. L'individualisme et de Suffrage Universel s’installaient dans la place.
Mais le progrès allait son train ét au cours de la pre-
mière moitié du xx° siècle, le machinisme préparait une révolution sur un autre terrain. La politique allait désormais avoir à compter avec sa sœur rivale, l’organisation économique moderne. Ce bouleversement posait dès lors des problèmes qui n’ont cessé d’inquiéter les hommes mais qui n’ont encore pas été résolus.
La Révolution de 89 n’avait pensé qu’à l’individu qu'elleappelait citoyen ; l’homo politicus était seul représenté. Et voici qu’apparaissait un être inattendu, « l’homo œconomicus ». La politique voyait se préciser les frontières. de son domaine moral. Elle devenait une simple idéologie. On commença d’accuser la représentation nationale: de ne pouvoir traduire que les vagues et larges aspirations politiques des masses. À côté surgissait un ordre différent, l’Economique, organisation de l’activité d’un peuple au travail, représentatif des intérêts et des besoins, structure créatrice de compétences spécialisées.
Et puisque ce dilemne : « Le Politique ou l’Economique » est la source de toutes nos inquiétudes citons ces. mots prometteurs de Saint-Simon qui trouvent aujourd'hui un écho (4) : « L'établissement de la banque, a-t-il écrit, des Compagnies d'assurances, des Caisses d'Epargne, des Compagnies pour la construction des canaux et la formation d’une multitude d’autres associations qui ont pourobjet l'administration d’affaires très importantes, ont habitué les français au mode administratif pour la gestion de grands intérêts ;, d’où il résulte que ce mode peutêtre appliqué à la gestion des intérêts généraux, sans que: cetlte innovation dans la haute direction des affaires pu-
(4) Saint-Simon, « OEuvres choisies », Edit. 1859, Bruxelles, Van Meenen et Cie, t. III, p. 295.
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