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CHAPITRE IV

Critique du système de M. Bernard Lavergne

Seul, jusqu'ici le projet de représentation au Parlement des corps sociaux, conçu par M. Bernard Lavergne et que nous avons plus haut exposé, paraît échapper aux vices des différents autres systèmes que nous venons d'essayer de mettre en lumière.

A lui, en effet, peuvent pensons-nous, aller les sympathies des novateurs raisonnables.

Il n’est cependant pas à l’abri de toute discussion :

$ a) Nous lui reprochons mais avec modération et respect, d’être dans la nécessité de doser l'influence respective de « chaque corps social à proportion de son aptitude à s’élever au général », opération que MM. Camille Lautaud <t André Poudenx qualifient dans leur ouvrage intitulé la Représentation Professionnelle, parue en 1927 de « singulièrement délicate ».

$ b) En second lieu, il nous paraît réserver aux représentants des Corps savants, une place trop importante. « Sans recourir aux formules simplistes du passé, aux privilèges de la naissance et de la fortune », il paraît instituer une certaine noblesse privilégiée, celle du savoir, celle des hommes « qui ont fait de l'étude, leur carrière », 160 sièges sur 4oo doivent être semble-t-il d’après ce projet, considérés comme correspondant à cette catégorie.

Et nous ne sommés pas malheureusement certains qu’à

l'apparition de ce nouveau genre de privilège qui confineau mandarinat, mais qui est des plus respectables, un grand nombre d’adversaires résolus ne surgissent surtout parmi les basses classes sociales, prétextant que tous ces. hommes de sciences ne sont que des vieux philosophes. ou des visionnaires et qu'il leur faut des hommes actifs, jeunes, des hommes d’action, ouverts au progrès et allant de l’avant.

La réponse paraît toute prête ; ces hommes d'action qu'ils réclament leur viendront des associations d’intérèt général, des corps économiques et... du suffrage universel. Mais il est à craindre que l’argument ne leur paraisse: pas convaincant.

$ c) En troisième lieu, des mals intentionnés pourraient peut-être reprocher à M. Bernard Lavergne, la complexité: de sa représentation insuffisamment synthétique, insuffisamment agglomérée en grandes catégories ; trop de sub-divisions pourrait-on dire.

D'où grosses difficultés de dosage dans la répartition. Seul, le chiffre total des mandats des corps sociaux fixé à oo, nous paraît exagéré, mais le reproche de la complexité ne serait pas grave. Notons que la classification de- M. Bernard Lavergne est parmi les plus simples. Ces questions de dosage du nombre de sièges, ces questions de: répartitions proportionnelles à l'importance sociale de chaque groupe, ne sont pas primordiales.

Un homme distingué appartenant depuis ses débuts aw Conseil National Economique nous disait que du fonctionnement de ce Conseil, se dégageait notamment la leçon qu'il n'y à aucun inconvénient à faire de ces questions qui paraissent si sérieuses des préoccupations de second plan.

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Il ne faut pas craindre d’être incomplet, seule une classification très simple par grandes catégories professionnelles est utile, un compartimentage excessif encombre le conseil d’une foule de délégués de second ordre. L’écueil est par exemple en l'espèce, les protestations du roi du Biscuit ou du fabricant d’un quolifichet quelconque qui ne manqueront pas de soutenir que leur industrie est d’une importance sociale capitale. Mais, il ne faudra pas hésiter s’il y a lieu, à s'opposer énergiquement à leur représentation directe au Conseil,

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