CHAPITRE IX
Sous les différents Ministères et devant la Chambre
Nous avons fait connaître précédemment les conclusions de la Commission du suffrage universel de la 9% législature, puis nous avons indiqué, à grands traits, jusqu’au mois d'octobre 1909, au moment où la discussion allait s'ouvrir à la Chambre, l'attitude des différents partis politiques et de leurs organisations respectives sur cette question, devenue brûlante, à force de passionner les esprits.
Mais l'attitude, à son égard, des Cabinets qui se sont succédés, depuis le jour où elle s’est imposée à l'attention du Parlement et du pays, ne doit pas être moins intéressante à observer; les gouvernements, sans doute, ne peuvent pas faire abstraction complète des sentiments de leurs membres, mais ils ont des moyens de tâter l'opinion qui n'appartiennent qu’à eux; aussi, avec leur faculté de prévoir, avec le haut souci de toutes les responsabilités qui leur incombent, avec le souci, également légitime, de ne point compromettre l'autorité des partis qu'ils représentent au pouvoir, ils peuvent exercer, et ils exercent, sur les débats des assemblées, des influences souvent décisives.
Nous poursuivrons donc, désormais, cette modeste
étude par Ministère, en passant de l’un à l’autre, dans
leur ordre, depuis le jour où la question d’une réforme électorale s’est vraiment posée; cela ne nous empêchera point, d’ailleurs, de nous arrêter, quand il y aura lieu, aux manifestations du dehors.