LE CONGRÈS DE ROUEN DU PARTI RADICAL ET
RADICAL-SOCIALISTE. — Au mois d'octobre suivant,
du 6 au 9, se réunit à Rouen, le dixième Congrès du
Parti radical et radical-socialiste.
Sa Commission des réformes électorales, malgré
qu’elle fût en majorité hostile au mode de scrutin
réclamé, avait décidé de lui transmettre deux rap-
ports, l’un pour le scrutin de liste avec représentation
proportionnelle, et l’autre pour le scrutin de liste pur
et simple.
Après d’amples débats, le Congrès se prononça
pour une très prochaine discussion de la réforme électorale et pour le scrutin de liste pur et simple (1).
6. AU BANQUET DU COMITÉ RÉPUBLICAIN DU COMMERCE, DE L'INDUSTRIE ET DE L'AGRICULTURE. Discours DE M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — Le 11 octobre, M. Briand, qui présidait le banquet annuel du Comité républicain du Commerce, de l'Industrie et de l'Agriculture, ayant réclamé l’union des républicains pour la réalisation des réformes laïques et sociales, continuait ainsi : (2)
I faut serrer les rangs et dissiper d’abord ce malaise que les élections ont fait naître en permettant des coalitions misérables qui pèseront sur toute la législature.. Le Gouvernement a proposé une réforme profonde du mode électoral; quelle que soit cette réforme, 1l faut la faire... Ce qui pourrait arriver de plus grave, c’est qu’un fossé ne se mit à se creuser entre le parti républicain et le pays. 11 faut suivre le pays pas à pas dans ses aspirations, et quand le suffrage universel les a fait connaître, il faut s’incliner et lui donner une législation qui lui permette de les satisfaire.
Ces déclarations furent très commentées encore, et comme le malaise qui existait déjà entre le Gouvernement et la majorité des républicains de la Chambre allait s’aggravant, le Cabinet se retira.
(1) Dixième congrès, Rouen 1910, Brochure du Comité exécutif. (2) La Petite République du 12 octobre 1910,