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auront d'autant plus de chances de succès que le nombre des députés de la circonscription sera plus élevé; dans la Seine par exemple, avec le second projet de la Chambre, il aurait suffi à une liste de recevoir un suffrage seulement sur 57 pour s'assurer un
siège.
Elle rompra toute espèce de lien entre les électeurs et les élus. Les proportionnalistes en espèrent un erand avantage parce que les élus se trouveraient libérés des sollicitations qui les accablent. Mais, pour atténuer un mal, il ne faudrait pas tomber dans un mal pire.
Nous croyons nécessaire, malgré certains abus, le Ben que l’on veut supprimer.
Il y a, qu'on le veuille ou non, une question d’éducation du suffrage universel qui se pose.
M. Herriot regrettait, au banquet de Saint-Mandé, qu'on voulût changer Poutil électoral, à cause de ses imperfections, au lieu d'en attendre le redressement du progrès de l'éducation (1).
Or, nul mieux que le député, s'il est consciencieux, s’il a le souci de la vérité et de la justice, s’il sait donner à l'intérêt général la prédominance sur les intérêts particuliers, ce qui relève du caractère plutôt que d’un mode électoral quelconque, ne peut contribuer à cette éducation; mais encore fautl qu'un lien existe entre les électeurs et lui. D'autre part, il n’est pas mauvais que le député, dans laccomplissement de sa tâche
(1) Le Radical, Au 10 juin 191%,
quotidienne, si noble, si élevée, si utile quand elle est remplie avec droiture et conscience, mais trompeuse et néfaste si elle n’est guidée que par le souci de la réélection, se sente soutenu par ses amis, et observé par ses adversaires.
Enfin ce lien, en tout état de cause, ne serait que déplacé; au lieu d'exister entre les électeurs et leurs élus, il existerait, avec une force toute particulière, cutre les membres des comités et les élus. II ne faut pas oublier que la représentation des minorités n’est qu'un acheminement à la représentation proportionnelle intégrale, qui enlèvera à l’électeur jusqu’ à la possibilité de modifier d’une façon quelconque le bulletin remis entre ses mains, si bien que l'élection tout entière deviendra l’œuvre exclusive des comités.
La représentation proportionnelle sera le scrutin des riches.
Par qui, en effet, seront supportés les frais très élevés d’une élection s'étendant à tout undé partement; sera-ce par tous les candidats d’une liste ou seulement par ses élus?
Au scrutin de liste pur et simple, la question ne se pose pas : les frais sont supportés, pour chaque liste, par l’ensemble de ses candidats qui, solidaires les uns des autres, ont tous des chances sensiblement égales.
Mais avec la représentation proportionnelle, toutes les listes seront coupées; elles pourront avoir chacune un ou deux élus, mais elles devront compter sur un plus grand nombre de battus. Or, sur chacune, il y