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incontestable que les luttes politiques, tout en restant très chaudes, ont perdu cette acuité d’autrefois qui, trop souvent, les faisait dégénérer en violences et en émeutes. Les candidats ont pu organiser la propagande, sans que leurs adversaires aient cherché à empêcher ou à troubler leurs réunions. Il n’y a plus eu, entre les partis, accusations réciproques de corruption et de fraude. La presse, durant la période électorale, a renoncé entièrement ou presque entièrement aux attaques personnelles et aux manœuvres de la dernière heure, qui, naguère constituaient ses seules armes et étaient la base de toute stratégie électorale.
À Bruxelles, le public a assisté à ce curieux spectacle de la Ligue et de l'Association opérant d’une façon parallèle, sans s’attaquer dans leurs journaux, ni dans leurs meetings. Même entre catholiques et libéraux, entre libéraux et socialistes, la lutte n’a pas atteint le diapason qui la caractérisait sous le régime majoritaire. Comment aurait-il pu en être autrement alors que, dans un grand nombre de circonscriptions, les socialistes qui, pour la Chambre, opposaient leurs candidats aux libéraux, préconisaient ouvertement les candidatures libérales pour le recrutement du Sénat? (1).
(1) Cette situation peut paraitre singulière, mais était due à ce fait qu'un cens d'éligibilité étant exigé des candidats au Sénat, les socialistes devaient, dans bien des cas, renoucer à présenter des leurs dans les circonscriptions où ils avaient peu de chances de succès.