CHAPITRE Il
La Représentation Proportionnelle a empêché la scission
entre les provinces flamandes et wallonnes
La population en Belgique se compose de deux races bien différentes tant au point de vue du langage qu'au point de vue des tendances politiques de leurs habitants.
Les quatre provinces du Nord sont presque exclusivement occupées par les wallons, d’origine celtique, qui parlent le français, tandis que les flamands d’origine germanique, qui forment un peu plus de la moitié de la population du Royaume, se sont cantonnés dans les cinq provinces du Sud.
Or, fait assez curieux, sous le régime majoritaire, les cinq provinces flamandes étaient représentées presque exclusivement par des catholiques, les quatre provinces wallonnes, au contraire, avaient,
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sauf quelques exceptions, pris pour les représenter des libéraux ou des socialistes.
Les premiers étaient élus dans les centres agricoles, alors que les autres trouvaient leurs partisans dans les centres de la Wallonnie, plutôt industriels ou miniers.
- Il ne faudrait pourtant pas exagérer la situation et allerjusqu'àdirequ'iln’yavait pasdecatholiquesdans le pays Wallon, pas plus qu’il n’y avait de libéraux dans le pays des Flandres. Mais le système majoritaire n’accordant de représentation qu'aux opinions dominantes, la minorité de ces différentes provinces se trouvaient réduites à néant.
On en était donc arrivé à ce très fâcheux résultat, qu'un antagonisme, de jour en jour plus prononcé, menaçait de diviser la Belgique, le Flamand devenant a priori l'adversaire déclaré du Wallon, toute distinction de parti restant même à l’arrière-plan.
C’est ce qui faisait même craindre aux pessimistes une nouvelle scission dans le pays, analogue à celle qui avait eu lieu en 1830 entre la Belgique et la Hollande. Cette tendance séparatiste était, d’après eux, d'autant plus à craindre, qu’elle avait des précédents dans l’histoire. Ce phénomène, en effet, a été constamment observé dans les pays libres où fonctionne le régime majoritaire.
M. Siméon Stern, Président de l’ Association pour la Représentation Proportionnelle dans l'État de New-York, n'hésite pas à faire remonter au scrutin majoritaire la cause première de la lutte fratricide