CHAPITRE TI
La Représentation Proportionnelle a donné satisfaction
à tous les Partis Politiques Belges.
Par un phénomène assez imprévu, les trois grands parts politiques belges se sont réjouis également des résultats donnés par l'application de la Représentation Proportionnelle.
Voici, à ce sujet, l’appréciation de trois hommes politiques choisis à dessein dans des camps opposés :
M. Carton de Wiart, député catholique de Bruxelles à écrit : « La Représentation Propor- » tionnelle n’a déçu en rien les espérances de ses » partisans. Elle les a dépassées. »
M. Ansècle, député socialiste de Gand, fondateur du Vooruit, a dit : « Partisan de la Représentation
Poe
» Proportionnelle, je le suis encore. Notre parti n’a » pas eu à s’en plaindre (1). »
A ces témoignages, nous pouvons ajouter celui de M. Hermann-Dumont, secrétaire de la gauche parlementaire : « La Représentation Proportionnelle, » disait-il notamment au congrès d'Arras (2) de » 1904, a satisfait tous les partis ; même et surtout » le parti libéral, qui lui avait le plus obstinément » barré la route, qu’elle a généreusement ressuscité » et préservé du danger d'absorption. »
C’est qu’en effet l'introduction en Belgique de cette législation nouvelle constituait pour chacun des partis qui s’y trouvent en présence un avantage particulier qu’ils ont vite reconnu. Les catholiques sans doute, constataient à la Chambre la diminution de leur formidable majorité, mais par contre la voyaient s’affermir : la stabilité des mandats avaient pour eux plus de prix que leur quantité. Les libéraux devaient à cette réforme leur résurrection à la vie politique. Quant aux socialistes, la combinaison nouvelle leur faisait entrevoir l'alliance possible avec les libéraux pour la réalisation d’une partie de leur programme.
Est-il besoin d’ajouter que les partis dissidents, à condition de réunir un certain nombre d’adhérents, pouvaient désormais manifester leur existence, en vivant de leur vie propre, sans avoir recours à des
(1) Enquète de La Croix 1903.
(2) Congrès Proportionnaliste d'Arras, 16 octobre 1904.
Ad
alliances qui souvent les absorbaient presque entièrement.
SECTION I