LE SUICIDE ET LE DROIT CANONIQUE
Tout cela devait changer avec l'avènement du christiame. « Ii était temps qu’une doctrine plus austère à la fois et plus humaine vint retenir la main violente de l'humanité tournée contre elle-même. IH était temps que le christianisme vint arrêter cette insouciance de la mort et rendre à la vie toute sa signification, l'épreuve. » (1). Le droit païen partant de l’idée que les hommes sont issus de la terre, admettait qu'ils pouvaient y retourner à leur gré; le droit chrétien les considère comme des créatures de Dieu, façonnés à sa resemblance et destinés à une vie future dans laquelle les êtres humains doivent être punis ou récompensés selon leurs œuvres; l’homme ne peut donc disposer de sa vie qui ne lui appartient pas et le suicide est une désobéissance à la loi divine, c’est un désertion; l’homme placé sur terre par Dieu ne peut que sur son ordre mourir et s’en aller. « Tu ne tueras point », tel est le précepte formel du Décalogue. Le suicide est un véritable homicide et celui-ci est un crime énorme: « Si quis per industriam occiderit proximum suum et per insidias ab altari meo evella eum ut moriatur. » (2).
(1) Azpy. Thèse, page 23.
(2) Exod. XXI. 14.