OP
Il est défendu d'ôter la vie à qui que ce soit, même à soimême. Chez les Hébreux, Moïse avait déjà assimilé le suicide au crime et l’avait condamné à des peines sévères. Le Nouveau Testament enseigne aux hommes à supporter la vie avec courage et patience.
Les Pères de l'Eglise ont commencé par hésiter dans cette condamnation absolue du suicide. Ils semblèrent le permettre en cas d’outrage à la vertu ou par excès de ferveur et de foi, tel le cas de la vierge Apolline qui, menacée d’être jetée dans un grand feu, si elle refusait de prononcer des paroles impies, demande quelque répit pour délibérer et profite de ce répit pour se jeter d’elle-même au milieu des flammes.
Saint-Augustin, le premier, devait le réprouver d’une façon formelle et affirmer ainsi la doctrine chrétienne. Dans son ouvrage, « La Cité de Dieu », il établit la généralité du principe et s'élève avec indignation contre la mort volontaire dans tous les cas : « Tu ne tueras point, ni un autre ni toi-même, car celui qui se tue n’est-il pas le meurtrier d’un homme » (3), et il le prouve, « car ce n’est pas sans raison que l’on ne saurait trouver nulle part dans les livres saints et canoniques que Dieu nous ait jamais commandé ou permis de nous tuer, non pas même pour parvenir à l’immoralité bienheureuse, ou pour nous délivrer où nous garantir de quelque mal. Au contraire, nous devons croire qu’il nous l’a défendu quand il a dit: « Vous ne tuerez point », surtout n’ayant pas ajouté « votre prochain », ainsi qu’il le fait lorsqu'il défend le faux témoignage. » (4). I déclare que la mort volontaire est indigne d’un chrétien et
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(4) Chap. XX.