PARTICIPATION DIRECTE AU SUICIDE D’AUTRUI
La participation au suicide d'autrui peut revêtir, comme nous l’avons déjà laissé entrevoir, une seconde forme. Le concours peut s'être manifesté, plus certain, plus efficace. L'auteur ne s’est plus borné à une simple assistance, à de simples conseils. Suivant le critérium adopté pour dégager les actes de complicité, il quitte le rôle passif pour jouer le rôle principal. C’est lui qui, à la demande de la victime, touché par ses prières, lui porte le coup mortel. Le tiers est bien ici l’auteur immédiat et direct de la mort du désespéré, ce n’est plus une simple complicité de suicide, mais bien un homicide volontaire, inexcusable. Son geste est identique à celui de l’assassin vulgaire ; l'intention criminelle, le fait matériel les mettent sur le même plan, seuls les motifs diffèrent. Légalement, il est l’auteur d’un meurtre, et doit être puni comme tel.
Mais est-ce bien homicide volontaire, nettement caractérisé ? Les mobiles sont ici différents; un sentiment personnel ou généreux l’ont guidé, il a voulu rendre service à son ami qui n'avait pas la force ou la possibilité de se tuer lui-
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même. Puis, il importe de se demander surtout si le consentement de la victime n’a pas sur la qualification de l’acte une influence certaine. Les criminalistes se sont intéressés beaucoup à cette question et les opinions sont nombreuses.