‹ La Répression du Suicide: Spécialement dans le projet du Code pénal françaisChapitre 9 sur 49 · LE CLIMAT · texte numérisé non relu

LE CLIMAT

Le suicide n’est pas non plus, comme on l’a parfois soutenu, le résultat du climat. Les saisons exercent une influence sur notre organisme et font varier le nombre des sutcides. Le printemps voit se produire le maximum de morts volontaires; l'automne, au contraire, qui porte plutôt à la tristesse, diminue la tendance au suicide. On se tue volontiers par les journées les plus belles et les plus ensoleillées et les grandes chaleurs de juillet trahissent une cer taine recrudescence des suicides. Ainsi, de 1920 à 1925, à Paris, nous avons au printemps 909 suicides, en été 804, en automne 299 et en hiver 820. MORSELLI explique Île développement du suicide à la belle saison par l'excès de force accumulée dans notre organisme par suite de la chaleur extérieure, mais pourquoi cet excès de force conduitil fatalement au suicide? Il y a d’autres façons d’agir et, d'autre part, le Midi a moins de suicides que le Nord, pourtant il y fait plus chaud. DURKHEIM a donné une autre explication, en établissant un parallélisme entre la longueur du jour et le suicide, les suicides augmentent avec la longueur de la journée, la chaleur est sans importance car alors le mois d’août, le plus chaud de l’année, devrait avoir le maximum de suicides; or, il n’en est rien. Pour lui, c’est principalement vers l'heure de midi que l’on se tue le plus, car c’est le moment où la vie sociale est la plus intense.

Il est possible d'expliquer cette augmentation de suicides au printemps par les troubles occasionnés dans notre organisme par les premières chaleurs, le changement subit de température fatigue notre corps qui n’y est pas habitué et perd de sa résistance; mais ceci ne conduit pas fata

lement au suicide, des autres causes interviennent ; le suicide peut trouver ici un terrain assez préparé pour lui, mais ce n’est pas sa cause directe et certainement l'individu peut réagir.

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