‹ La république américaine. Édition française. Avec une préf. de M.E. Chavegrin (volume 4)Chapitre 25 sur 58 · CHAPITRE G · texte numérisé non relu

CHAPITRE G

JUSQU A QUEL POINT L EUROPE PEUT TIRER PROFIT DE l'expérience AMÉRICAINE

Il y a deux réels services que l'étude de l'histoire peut rendre à la politique. L'un consiste à corriger l'usage, qui va généralement jusqu'à l'abus, de raisonner en politique d'après la méthode déductive ou a priori. L'autre consiste à sauver le politicien du danger de se laisser égarer par des analogies historiques superficielles. Celui qui refuse d'employer la méthode a priori, peut s'imaginer qu'il est un homme pratique lorsque, se précipitant dans l'autre extrême, il conclut directement des phénomènes d'une époque ou d'un pays aux phénomènes d'une autre époque ou d'un autre pays, et que^ se trouvant en présence de conditions ou de causes tant soit peu similaires, il nous enjoint d'en attendre des résultats similaires. Son erreur est aussi grave que celle de l'homme qui compte sur des raisonnements abstraits, car il néglige cet examen critique des prémisses qui doit servir de point de départ à tout raisonnement. Un historien sera d'autant plus prudent dans l'emploi de ce que l'on peut appeler en politique les arguments historiques, qu'il aura une plus grande pratiqui^ de ces recherches. Il sait combien il est nécessaire pour pouvoir tirer de l'expérience d'un pays une conclusion pratique ayant valeur pour un autre pays, de tenir compte des divers points sur lesquels ces pays diffèrent, parce que

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