‹ La république américaine. Édition française. Avec une préf. de M.E. Chavegrin (volume 4)Chapitre 26 sur 58 · ius<,)u'a quel point l'edrope · texte numérisé non relu

ius<,)u'a quel point l'edrope

parmi ces points, il s'en trouve habituellement quelquesuns ((ui aiïeclent la solidité de la conclusion,, en rendant douteux que ce qui est vrai pour Tun soit vrai aussi pour l'autre. La valeur des études historiques, pour celui qui étudie la politique ou pour l'homme d'Etat, réside plutôt dans le pouvoir d'augmenter la vivacité de leurs idées et ii'élargir la connaissance des phénomènes de la nature de l'homme en tant qu'être politique ainsi que des tendances qui animent les groupes et les communautés d'hommes, et de leur enseigner la manière d'observer les faits qui leur tombent sous les yeux^ et ce qu'ils doivent attendre des hommes dont il a à s'occuper. Un penseur ayant une grande habitude des recherches historiques emportera partout avec lui l'expérience politique du monde qu'il a acquise, non comme un livre de prescriptions et de recettes parmi lesquelles il peut en choisir une à sa volonté pour l'appliquer à un cas donné, mais plutôt comme un médecin consulte un traité de pathologie dans lequel il trouve énu- •mérés les principes généraux que l'on doit suivre dans l'observation des symptômes et dans la recherche des <!auses des maladies qui se présentent à lui. Aussi, quoique le caractère du Gouvernement démocratique des Etats-Unis soit plein d'instruction pour les Européens, il ne peut fournir qu'un petit nombre de conclusions portant «ur la politique actuelle de n'importe quel pays d'Europe^ parce que les points forts et les points faibles du peuple •américain ne se retrouvent pas partout dans l'Ancien Monde et qu'ils ne se retrouvent pas même dans des pays comme la France, la Suisse et l'Angleterre. Le tableau que, dans les chapitres précédents, nous avons fait des phénomènes américains, a sans doute déjà suggéré au lecteur les conclusions qu'on en peut tirer et les applications que l'on peut en faire en Europe. Je dois par conséquent me contenter ici de faire une récapitulation concise des points sur lesquels les institutions des Etats-Unis et les méthodes employées dans leur fonctionnement paraissent,

PEDT TIRER PROFIT DE L'eXPÉRIENCE AMÉRICAINE 331

sinon tout à fait directement, du moins très approximativement, intéresser et éclairer les problèmes européens. L'Amérique a, à certains égards, devancé les nations européennes. Elle marche devant elles sur le sentier qu'elles sont probablement appelées à suivre. Elle porte derrière elle, pour me servir d'une célèbre comparaison de Dante, une lampe dont la lumière est plus utile à ceux qui viennent après elle qu'elle ne l'est à elle-même, car quelquesuns des dangers qu'elle a eu à traverser ne se retrouveront plus nulle part sur sa route, tandis que ceux qui suivent ses traces peuvent trébucher aux mêmes endroits difficiles, ou s'embourber dans les fondrières où elle tomba elle-même.

I. — Suffrage universel. — Le suffrage universel a été maintenant adopté par un si grand nombre de peuples en Europe, qu'ils n'ont guère l'occasion d'étudier ses aspects transatlantiques. Les plus sensés parmi les Américains, tout en reconnaissant la force qu'il donne à leur gouvernement et la difficulté qu'ils auraient eue à s'en passer, sont d'avis que leur récente expérience n'est pas un exemple à offrir à l'imitation des peuples européens, à moins que ceux-ci n'adoptent des sauvegardes semblables à celles qu'ils ont eux-mêmes appliquées. Grâce à ces sauvegardes, la suppression de toute condition de propriété a, au moins en ce qui regarde la population indigène, eu d'heureux résultats; mais entre les mains des nègres du Sud, ou des immigrants récemment naturalisés des grandes villes, le vote est une arme nuisible.

II. — Le Service civil. — Laisser les petites fonctions administratives en dehors de la politique, en faire des fonctions à vie attribuées au mérite au lieu d'en faire les faveurs de la protection privée, tel est en ce moment le principal but des réformistes américains. Ils luttent laborieusement pour élever leur service civil au niveau de <:elui de l'Allemagne ou de l'Angleterre. S'il y a une leçon à inculquer aux Européens, c'est le danger d'abandonner

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