‹ La république américaine. Édition française. Avec une préf. de M.E. ChavegrinChapitre 23 sur 60 · CHAPITRE LXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE LXX

LA « NOMINATING CONVENTION » A l'œUVRE

Nous avons examiné la composition d'une Convention nationale et l'ordre normal des affaires dont elle s'occupe. Il nous reste encore à décrire, et c'est là une tâche difficile, le caractère réel et les traits d'une Assemblée de ce genre, les motifs qui l'entraînent, le tempérament et les passions qu'elle laisse paraître, les ruses par lesquelles on attire ou on pousse les membres vers un but.

Une Convention nationale a deux choses à faire : la déclaration régulière des principes, des opinions et des propositions pratiques du parti, et le choix des candidats pour le poste de Chef de l'exécutif de la nation.

La première de ces deux choses a eu une grande importance aux moments critiques, par exemple aux .deux élections qui ont précédé la guerre civile. Dans la Convention démocrate tenue à Charleston en 1800, le débat sur les résolutions amena une sécession et divisa en plusieurs groupes le parti démocrate (1). Mais pendant ces dernières années, l'adoption des plates-formes, rédigées parle comité dans un style vague et pompeux, n'a guère été qu'une formalité. On trouvera dans un autre chapitre quelques observations sur ces professions de foi (2).

(1) Les Conventions nationales de cette époque étaient bien plus petites que celles d'aujourd'hui, et les spectateurs étaient bien moins nombreux.

(2) Ghap. Lxxxiu. En Angleterre, ce qui se rapproche le plus

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La seconde chose a un très grand intérêt et une importance capitale, parce que la Présidence est le grand prix de la politique, le but de l'ambition de tous les hommes d'Etat. Le Président peut arrêter par son veto toutes les lois contraires aux désirs du parti qu'il représente. Le Président est le dispensateur suprême des faveurs.

C'est pourquoi on peut dire que la tâche d'une Convention, c'est de choisir le candidat du parti. Et cette tâche est assez difficile pour que l'armée des délégués et de leurs chefs y donne toute son attention. Quel est Thomme qu'il convient le mieux de désigner comme candidat ? Les novices de la politique eux-mêmes ne supposeront pas que c'est le meilleur, c'est-à-dire le plus honnête, le plus sage, le plus énergique. Evidemment, c'est l'homme qui a le plus de chances de réussir, ou, pour me servir du terme technique, le plus « profitable » (availablc) ', celui dont on peut tirer le meilleur parti. Ce que veut un parti, ce n'est pas un bon Président, mais un bon candidat. Les chefs du parti ont donc à chercher le personnage qui doit rallier le plus d'adhérents et rencontrer en même temps le moins d'adversaires possible. Leur recherche est d'autant plus difficile qu'ils sont eux-mêmes aspirants ou amis intimes des aspirants, et que, par suite, ils ne sont pas désintéressés et n'ont pas la confiance de ceux qui cherchent avec eux.

Il y a beaucoup de choses à considérer. L'intelligence d'un homme d'Etat, la durée de sa carrière dans les fonctions publiques, son talent oratoire, son « magnétisme », les membres de sa famille, l'intégrité de sa vie privée, sa réputation (la chronique de sa conduite) au point de vue de l'honnêteté, voilà autant de choses qu'il faut peser. Il

des « plates-formes américaines »>, ce sont les discours qu'adressent à leurs collèf^es électoraux respeclifs, au moment des élections générales, le premier minisire, s'il est membre de la Chambre des communes, et le chef de l'opposition de celte Chambre. Cependant, ces adresses n'engagent pas tout le parti, comme le fait une plate-forme américaine.

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