LA « NOMINATING CONVENTION » A L ŒUVRE
la vice-présidence, mais c'est une affaire de peu d'importance, maintenant que la grande question a été résolue. On profite souvent de cette présentation pour consoler un des aspirants battus dans la lutte pour la Présidence, ou bien on charge ses amis de présenter un politicien de leur choix. S'il y a une lutte, elle ne se prolonge guère au delà du deuxième ou du troisième tour de scrutin. La Convention a accompli son œuvre, et le lendemain l'armée des délégués et de leur suite, enrouée à force de crier, rentre en foule dans ses foyers par toutes les lignes de chemin de fer.
H règne, dans les grandes cités, et même dans tous les endroits de l'Union auxquels aboutit un fil télégraphique, une inquiétude fiévreuse qui n'a d'égale que celle de la Convention. Tous les incidents, tous les discours, tous les votes sont télégraphiés immédiatement à toutes les cités. On voit des foules stationner autour des bureaux des journaux, dont les nombreuses éditions sont complétées par des pancartes qui donnent les dernières nouvelles. A Washington, il est à peine possible de réunir le Congrès, car tous les politiciens sont personnellement intéressés à la marche du jeu.
Quand le résultat est enfin annoncé, les partisans du candidat élu sont fous de joie ; on tire des salves d'artillerie, des processions parcourent les rues, musique en tête, on annonce, pour le soir même, des réunions de ratification, on organise sur-le-champ des « clubs destinés à mener la campagne politique » et qui portent le nom du candidat. L'enthousiasme est surtout grand dans l'Etat du vainqueur, ou dans la cité dont il est citoyen. On se précipite en foule dans sa maison, on lui serre la main jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'une pulpe frémissante, on le félicite d'être déjà virtuellement Président, tandis que le reporter au regard perçant fait savoir par dépêche dans toutes les parties de la nation comment il a souri et ce qu'il a dit lorsqu'on lui a annoncé la nouvelle. Les aspirants battus télégraphient
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à leur heureux rival leurs félicitations au sujet de son succès, et lui promettent leur appui dans la campagne électorale. Les « interviewers » se rendent à la hâte chez les politiciens marquants, et cherchent à savoir ce qu'ils pensent de cette nomination. Mais deux jours après, le calme règne de nouveau partout, la fatigue est suivie d'un moment de repos qui cesse dès que commence la lutte véritable un peu plus tard, au moment où paraît la lettre d'acceptation, dans laquelle le candidat expose ses idées et indique les lignes générales de sa politique.