‹ La république américaine. Édition française. Avec une préf. de M.E. ChavegrinChapitre 38 sur 60 · REMARQUES SDR LES PRÉSENTATIONS · texte numérisé non relu

REMARQUES SDR LES PRÉSENTATIONS

par son droit de veto, le Président est une branche indépendante de la législature, on profite du moment où on le choisit pour proclamer les doctrines qu'on le charge de défendre.

Quels ont été sur la vie publique du pays les effets de cet usage qui consiste à charger une Convention de présenter les candidats? Sur un grand nombre, j'en choisis deux. Les politiciens ne se sont occupés que des droits de personnalités rivales. Dans une élection présidentielle, un parti ne peut être victorieux qu'autant qu'il est prêt à soutenir d'un commun accord un seul candidat. Tous ses efforts tendent donc à trouver^ non pas le meilleur Président, mais celui qui ne donnera lieu à aucune division. Pour le découvrir, il néglige l'étude des questions qu'il devrait soumettre au pays, ou bien il les examine à la légère et sans esprit de suite. La Convention est la seule Assemblée qui ait autorité pour exposer les doctrines et adopter le programme du parti. Mais ce devoir est ordinairement éclipsé par le devoir de choisir un candidat, car cette dernière mission fait naître des émotions bien plus vives dans le cœur de ceux qui occupent un poste ou qui espèrent en occuper un. Par conséquent, les Conventions locales choisissent tels ou tels délégués plutôt parce qu'ils sont partisans d'un certain candidat que parce qu'ils ont une intelligence politique supérieure ou une grande valeur morale ; et il arrive que l'on confie le soin de formuler les idées du parti à des hommes inférieurs qui s'en acquittent mal.

Ceux qui ont bien compris ce que sont les Conventions ont déjà prévu l'autre résultat. Ce sont des réunions monstres. En plus des neuf cents délégués, il y a dix à quatorze mille spectateurs dans le bas de la salle et dans les galeries ; à Chicago, en 1860, il y en avait encore des miniers sur le toit. Il va sans dire qu'une Assemblée pareille ne peut ni discuter des questions politiques, ni arrêter un programme politique, ni peser sérieusement les mérites des candidats rivaux. La « plate-forme » qu'elle

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