POURQUOI LES MEILLEURS CITOYENS NE SE LANCENT PAS DANS LA POLITIQUE
« Mais», me diront ceux qui ont lu les raisons que je viens d'indiquer pour expliquer le développement d'une classe de politiciens de profession, « vous ne faites pas la part du dévouement au bien public. 11 est facile de montrer que de nombreuses places à prendre doivent cn^rendrer un essaim de chercheurs d'emplois, mais il est moins facile de comprendre pourquoi, dans un vaste pays, dans un pays libre, dans un pays intelligent, on laisserait aux chercheurs de places toute l'arène de la Vie publique. Il devrait y avoir des citoyens patriotes prêts à plonger dans le fleuve et à empêcher la barque d'aller en dérive jusqu'aux rapides. Ils seraient certainement soutenus par la masse du peuple qui doit désirer une administration honnête et économe. Si ces citoyens se tiennent à lé'jart, il n'y a que deux explications possibles. Ou bien la vie publique est tellement vile, que les honnêtes gens ne peuvent pas y entrer ; ou bien les honnêtes gens manquent totalement de patriotisme ».
On entend si fréquemment cette observation dans la bouche des Européens, qu'il est nécessaire d'y répondre d'une manière explicite. La réponse est double.
D'abord, on n'abandonne pas complètement l'arène aux professionnels. Le Congrès et les législatures d'Etat renferment une bonne proportion d'hommes droits et désin-