NEW-YORK
SECTION PREMIÈRE Premiers établissements hollandais et suédois.
L'immense lerriloire composant aujourd'hui les États de New- York, New-Jersey, Pennsylvanie et Delaware fut l'objet de découvertes, de prétentions et de guerres qui aboutirent finalement à la domination de TAngleterre. Nous en parlerons ici sommairement pour particulariser le point de départ de chacune de ces colonies et éviter des redites sans objet.
Vers Tan 1609 les Élals généraux de Hollande commissionnèrenl un capitaine anglais appelé Hudson pour faire des voyages de découverte et créer des voies nouvelles au commerce hollandais. Ce capitaine se dirigea vers TAmérique du Nord. Il longea la côte depuis Terre-Neuve jusqu'au 35**, 4' latitude nord, et, en retournant sur ses pas, il entra dans la baie de la Delaware (28 août 1609); mais, trouvant les eaux peu profondes et le chenal encombré, il reprit sa course, s'avança vers le pays appelé depuis New-Jersey et jeta Tancre dans la baie de Sandy Hook. Le 12 septembre suivant, poussant plus avant ses explorations, il pénétra dans la baie qui est aujourd'hui celle de New- York, par le passage appelé les Narj'ows, et il remonta la rivière du Nord qui y trouve son embouchure, jusqu'à l'endroit où fut créée depuis la ville d'Albany, capitale politique actuelle de^l'Élat de New- York. L'ensemble de ce vaste territoire s'appela alors Nouvelle- Hollande.
Ces prises de possession donnèrent lieu à une protesta-
lion de FAngleterre, qui prétendait rattacher toute celte partie du continent américain au territoire de Virgîuie, dont la création remontait à l'année 1606.
Encouragés par le succès de Texpéditioû d'Hudson, les États généraux de Hollande stimulèrent l'esprit d'entreprise dans cette direction et assurèrent certains privilèges à l'auteur de découvertes nouvelles. Une compagnie se forma à Amsterdam et elle arma cinq vaisseaux qu'elle dirigea sur les côtes de l'Amérique du Nord. L'expédition se partagea en deux : l'une, parvenue à l'tle Manhattan (ville de New-York), remonta la rivière de l'Est en longeant la rive nord de Long-lsland; elle découvrit les rivières Housatonic et Connecticut, et explora la baie de Narraganset (Rhode-Island). La deuxième partie de la flottille s'engagea dans la baie de la Delaware, et remonta cette rivière jusqu'à l'embouchure du Schuylkill (Pennsylvanie). L'on chercha à s'assurer la priorité de découverte de ces possessions et leur maintien contre les Indiens, en fortifiant deux points jugés les plus importants : l'un sur riludson, appelé fort Orange (aujourd'hui AJbany), Taulre sur la Delaware, à peu de distance de son embouchure, appelé fort Nassau. Ce fut le berceau du comté Delaware, dont nous parlerons plus tard (1615). A cette époque il n'existait encore au nord de la province de Virginie aucun établissement anglais; car ce n'est qu'en 1620, on Ta vu plus haut, que les pèlerins débarquèrent au cap God.
Lorsque le monopole de la compagnie d'Amsterdam eut cessé, il se forma en Hollande une puissante compagnie, dite des Indes-Occidentales, destinée tout à la fois à sauvegarder ces possessions et à exploiter les ressources qu'elles4)résenteraient. La charte, qui lui fut octroyée dans ce but, remonte à 1621. Par cet acte, les États généraux lui accordaient pendant vingt-quatre ans le privilège exclusif du commerce des côtes de l'Amérique et de la c6te ouest de l'Afrique ainsi que le gouvernement des possessions continentales de ces régions. En cas de guerre, la compagnie était tenue de repousser, seule, les agressions.