‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 113 sur 226 · PREMIÈRE CONSTITUTION DE LA PENNSYLVANIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CONSTITUTION DE LA PENNSYLVANIE

défunljà la seule réserve d'une part précipulaire en faveur (teraîné mâle(l).

Tant que Penn resta dans sa province, il fut Fobjet de témoignages de reconnaissance, et des subsides lui furent libéralement votés pour le couvrir des dépenses que lui avait occasionnées cette fondation ; mais son départ ouvrit une ère de luttes acrimonieuses sans fin entre lui, ses représentants et les habitants. L'Assemblée supportait impatiemment sa position subordonnée, et, dès 1685, elle usurpa rinitiative des lois, au mépris du pacte colonial. Elle ne dissimulait point d'ailleurs ses tendances vers de plus grands empiétements. Le président de la Cour suprême, qui était en même temps Tun de ses membres, voulut lui faire des représentations sur cette violation de la foi publique, elle n'en tint aucun compte. II fut expulsé du lieu des séances, et le secrétaire de cette Cour jeté en prison pour refus de livrer à l'Assemblée les archives confiées à sa garde. Penn, informé bientôt de ces actes arbitraires et trouvant ses intérêts mal défendus, délégua son pouvoir de gouverneur à une commission de cinq membres dans laquelle se retrouvaient deux hommes particulièrement dignes de sa confiance. D'autres abus d'autorité de celle assemblée témoignaient d'une anarchie qui suffit à arrêter le mouvement d'émigration vers cette province, el affecla d'une manière fâcheuse la réputation des Quakers (2).

Le duc d'York, sous le nom de Jacques II, était monté sur le trône. Penn devint son favori et fit, à la cour, des dépenses de représentation peu en harmonie avec les préceptes de la secle dont il était l'homme le plus éminent. Il s'endetta et chercha à trouver dans les ressources que lui donnait sa province des moyens de libération. Il éprouva des résistances. Il trouvait insuffisantes les allocations qui Itii étaient accordées. Puis, Lloyd son gouverneur avait, sans le consulter, consenti à l'abandon de la taxe créée

(1) VoirLaws ofPennsylvania, édilioade Franklin 1742,appendix 5.

(2) Gordon, History of Pennsylvania, p. 86, 87.

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originairement au profit de Penn seul sur les imporlations et les exportations, taxe sur laquelle il avait dû compter comme un revenu perpétuel pour lui et sa famille. Enfin les colons laissaient accumuler les rentes à lui dues pour prix des terres qu'il leur avait vendues et semblaient vouloir en être quittes par le laps de temps écoulé sans réclamation, autrement dit à l'aide de la prescription.

D'un autre côté, il se plaignait de ce que les lois passées en son absence ne lui avaient point été communiquées. Tous ces faits, suivant lui, entraînaient rannulation du pacte colonial (1685). Penn se méprenait sur la nature des rapports qui s'étaient formés entre lui et les colons, à Tabri de la charte royale. Celle-ci dominait la sienne propre ; elle était la loi suprême pour tous; il ne dépendait pas de lui de changer la condition politique du peuple. U dut renoncer à cette prétention.

Quatre ans à peine s'étaient écoulés Jepuis le débat de la colonie, et déjà l'anarchie avait pénétré dans le camp, parmi les Quakers, qu'on supposait les plus paisibles, le> plus résignés parmi les hommes! Ce n'était qu'un prélude Ces difficultés pécuniaires greffées sur des questions gouvernementales devaient malheureusement se reproduire pendant toute la période coloniale.

En confiant son autorité executive à une commission. Penn cherchait à s'abriter contre l'insuffisance et les mal versations d'un seul représentant. Il voulait plus encore: il exigeait que les lois fussent soumises à son veto, indépendant de celui de la commission qui le représentait, afin d'empêcher toute mesure qui serait contraire aux loi^ d'Angleterre et ferait péricliter sa charte. Celle branche du gouvernement fut depuis soumise à de nombreux remaniements et à de fréquents changements de personne> tant l'esprit de Penn était devenu soupçonneux, mécontent, et bien au regret de l'ampleur des concessions qu il avait faites aux colons.

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