‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 114 sur 226 · GOUVERNEMENT DE PENN · texte numérisé non relu

GOUVERNEMENT DE PENN

SECTION m

Disjonction des comtés Delaware d'avec la Pennsylvanie. —Chute de Jacques II. —Penn perd sa charte. — Elle lui est rendue.çar Guillaume. — Retour de Penn. — Il dénonce les pratiques des hahitanls. — Piraterie. — Fraudes contre les Indiens. — Esclavage.

Une circonstance assez grave venait compliquer la situation : les comlés du bas Delaware, jaloux des rapides développements de la Pennsylvanie et de l'accroissement notable de sa population qui allait déranger l'équilibre de la représentation législative basée jusque-là sur un pied d'égalité, contestèrent à Penn le droit de les gouverner, prétextant qu'il n'avait point de titre régulier en ce qui concernait leur territoire. Leurs députés s'éloignèrent de la législature, pour constituer, de leur chef, une organisation séparée et indépendante. Penn était sans force contre celte usurpation ; il céda. Cependant, propriétaire incontestable du sol, il conserva l'administration séparée de ce territoire (1690) (1).

La chute de Jacques II entraîna la ruine de Penn qui s'était trop attaché à la fortune de ce prince, et par suite la perte de sa charte. Dès lors, la Pennsylvanie et les comtés du bas Delaware devinrent ensemble une seule et même province royale qui fut administrée comme telle par un gouverneur nommé par le souverain de la Grande-Bretagne et par une Assemblée générale élue par les comtés. Cet état de choses dura peu. Les torts de Penn n'avaient point la gravité que des vengeances de parti lui attribuaient. Guillaume, le nouveau roi, mieux informé, l'admit à se justifier devant le Conseil privé. L'épreuve ayant été favorable, Penn obtint en 1694 la restauration de son autorité propre (2). Le malheur ne l'avait point éclairé. Il prétendit que sa déchéance momentanée avait annulé la constitution donnée par lui et qu'il était en droit de

(1) HiLDRETH, vol. II, p. 98, — (2) GORDON, p. 107,

ressaisir le pouvoir tel que le roi l'avait exercé auparavanl Le peuple, qui a conquis quelques libertés, ne s'en laisse pas aisément dépouiller, surtout lorsque le souverain appauvri est affamé de subsides. Le représentant de Penn, appréciant mieux que son maître toutes les difficultés do la situation, se résolut, pour obtenir les allocations quH réclamait, à modifier le pacte colonial en un point important. C'est ainsi qu'il reconnut à l'Assemblée le droit d'initiative des lois concurremment avec le propriétaire, alors que celui-ci l'avait exercé seul jusque-là, de l'avis du Conseil; mais réserve fut faite, au profit de Penn, d'un vetosur les résolutions de l'Assemblée (1). Le gouverneur avait agi sans instruction, il fut désapprouvé, et cependant la marche des affaires ne s^en ressentit aucunement. Ce pacte nouveau, qui se rapporte à l'année 1696, fonctionna sans difficulté jusqu'en 1699.

A cette époque, Penn revint dans la colonie, avec les mêmes illusions sur l'étendue de son autorité ; mais ses partisans cherchèrent, non sans peine, à le dissuader de tentatives qui n'avaient d'autre résultat que de lui faire perdre son prestige aux yeux des populations. Moins convaincu que découragé, il convoqua en 1700 une assemblée générale des freemen de la Pennsylvanie et des comtés du bas Delaware qui, pendant l'interrègne royal, avaient é(ê fondus en une seule province. Il s'agissait d'aviser au règlement de toutes les difficultés pendantes. L'hypocrisie de secte se montra dès l'abord. On demandait à la législature l'allocation de 350 livres pour concourir à la défense de New-York qui était l'avant-garde de la Pennsylvanie dans la guerre existante au Canada. Cette allocation fut refusée comme contraire aux principes de la secte ; mais une somme de 2000 livres fut accordée sur le vague motif de venir en aide au gouvernement. Penn dénonça d'indignes prati(pie5 qui pouvaient faire douter de la sincérité des convictions religieuses d'un certain nombre de Quakers, telles que h

{{) HiLDRBTH, vol. II, p. 186.

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