‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 116 sur 226 · NOUVEAU PACTE ENTRE PENN ET LES COLONS · texte numérisé non relu

NOUVEAU PACTE ENTRE PENN ET LES COLONS

Mais on laissa aux comtés la faculté de se donner une administration distincte quand ils le jugeraient à propos. Ceux-ci ne firent point attendre leur résolution, et dès 1702, la séparation définitive fut convenue entre les deux voisins. Chacun d'eux eut sa législature séparée, mais tous les deux restèrent sous le gouvernement supérieur de Penn qui y donna son agrément (4). Du reste, le même gouverneur servait pour les deux colonies à la fois. Cette condition, la meilleure que ces comtes pussent obtenir, ne leur suffisait point encore. On les vit un peu plus tard (1704), par une aberration étrange, s'attaquer au pouvoir de Penn dont ils contestèrent la légitimité, et solliciter de la Couronne la faveur d'être érigée en province ne relevant que du souverain d'Angleterre, représenté par un gouverneur royal. Ce petit peuple, fatigué sans doule de la surabondance de liberté qu'il devait à Penn, courait au-devant du joug royal! Heureusement pour lui, il ne fut pas écouté et l'organisation gouvernementale resta ce qu'elle était avant la séparation.

Les assemblées de Pennsylvanie se montraient toujours inquiètes et tourmentées du besoin d'agrandir la sphère de leur autorité, sans aucun souci du pacte constitutionnel qui devait être, pour des Quakers surtout, inviolable. Constamment à l'assaut du pouvoir souverain, ces assemblées élevaient des prétentions nouvelles. L'un des gouverneurs, obsédé de ces luttes sans trêve, donna à entendre un jour (1704) que si l'on rendait trop lourd le fardeau du pouvoir, Penn verrait à le déposer et à s'en affranchir. Cette perspective souleva l'indignation de l'Assemblée alors en session. Quelques membres éclatèrent en reproches blessants pour Penn que la calomnie n'épargna point. Celui-ci ressentit vivement l'offense, et peut-être eût-il exécuté la menace de son gouverneur sans l'intervention d'hommes généreux et désintéressés qui facilitèrent une entente avec une autre assemblée. Cet accord ne fut qu'une trêve. De

(1) Proud, History^ vol. ï, p. 459.

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nouvelles prétentions s'élevèrent à l'occasion des coups de justice à ériger. Le silence gardé dans le dernier pacte laissait incertain le point de savoir à qui appartiendrait cette prérogative; mais le gouverneur l'attribua à Penn en vertu de la charte royale qui dominait les autres, et il l'exerça au nom de celui-ci (1). D'un autre côté, l'Assemblée qui, plus d'une fois, avait trouvé les gouverneurs dociles à sa voix, ne voulait plus tolérer le veto que s'était réservé le propriétaire. 11 suffisait, suivant elle, de celui qui avait été attribué au gouverneur. Penn résistait à cette prétention pour conjurer les collusions dont il avait eu déjà à se plaindre. Cependant il céda, mais en exigeant de ses gouverneurs des garanties pécuniaires destinées à l'abriter contre l'abus de leurs pouvoirs (2). Ce n'était poinl encore assez de ce démantèlement de l'autorité du souverain : l'Assemblée contesta la légalité du Conseil institué par lui près du gouverneur pour surveiller ses actes et pour concourir à l'exercice de ses pouvoirs de l'ordre exécutif. 11 n'en était point question, disait-on, dans le dernier pacte colonial, pourquoi le faire revivre? Ne serait-ce pas une atteinte portée à l'autorité de l'Assemblée? Cette difficulté reposait sur une équivoque. 11 ne s'agissait plus aujourd'hui du Conseil originairement créé, dont les membres élus par le peuple formaient une branche de la législature. Le conseil formé depuis était l'œuvre du propriétaire seul. Sa mission n'était point d'ordre législatif; elle ne se proposait que d'éclairer et de contenir l'action du gouverneur dans l'exercice de son pouvoir exécutif. Cependant l'Assemblée s'oublia jusqu'à lancer un mandat d'arrêt contre l'un des membres les plus éclairés et les plus estimables du Conseil violant en cela les règles les plus élémentaires du goufernement. Mais le gouverneur, cette fois, fidèle à son devoir, annula ce mandat qui était un empiétement flagrant sur le pouvoir exécutif. Le Conseil resta debout comme précédemment. Penn, irrité de cette tendance persistante à dé-

(1) HiLDRRTH, vol. II, p. 244.

(2; Le môme, vol. II, p. 244-245.

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