‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 117 sur 226 · CONFLITS CONSTITUTIONNELS EN PENNSYLVANIE · texte numérisé non relu

CONFLITS CONSTITUTIONNELS EN PENNSYLVANIE

raciner son autorité, au mépris de la charte et du pacte colonial, entra en négociation pour la remise à la reine Anne de ses pouvoirs de gouvernement. Le prix en fut fixé, Tarrangement allait être signé, lorsque ce grand homme ressentit les premières atteintes d'une paralysie qui fut pour Ini une espèce de halte avant la mort (1712) (1).

L'esprit quaker voulait toujours exercer son action sur les choses du gouvernement. Déjà, on Ta vu, il avait fait rejeter une demande de subsides destinée à la défense de New- York par cette considération que les principes de la secte dominante étaient essentiellement contraires à l'emploi des armes pour vider les différends. Lorsqu'en 1709, en vue de circonstances identiques, l'Assemblée fut requise de fournir un contingent de 150 hommes comme moyen de défense, son refus ne put être vaincu que par les pressantes instances de Penn alors sous le poids de la souffrance et de la détresse. Une allocation de 2000 livres seulement fut accordée à titre « d'équivalent de la part contributive de la colonie dans la levée d'hommes nécessaires au service de la reine (2) ». Restait à pourvoir aux dépenses de ladministration de la province et spécialement au traitement des gouverneurs. C'était un champ constamment ouvert à l'intrigue. En face du mauvais vouloir des assemblées, ceux-ci ne pouvaient sortir de ces débats que corrompus ou appauvris, suivant qu'ils étaient fidèles ou non à leur mandat. Le retour fréquent de cette situation critique provoqua un jour une grave résolution contre la secte dominante.

En principe, les lois anglaises étaient applicables aux colonies, surtout celles destinées à maintenir l'autorité de la Couronne et la suprématie de l'église anglicane. Cependant l'on comprit que l'Amérique anglaise ne pouvait se peupler, en grande partie, que par l'émigration des dissidents d'Europe qui cherchaient un refuge dans le nouveau monde. On ferma les yeux sur les atteintes portées à

(1) HiLDRETH, VOL II, p. 205.

(2) Gordon, p. 161-162.

la suprémalie, et même il arriva ce fait étrange que, dans la Nouvelle-Angleterre, le puritanisme devint religion d'Elat et que le culte anglican fut proscrit. Telle était Tune des nombreuses anomalies qui se rencontraient dans les institutions de quelques colonies et qui étaient commandées parla force des circonstances. Lorsque Penncréa sa province, il fut sous-entendu que le quakerisme y aurait pleine liberté pour l'exercice de son culte et que les colons de cette secte y seraient reçus dans le gouvernement et devant la justice avec dispense du serment et sur une simple affirmation qui en tiendrait lieu. Mais le rigorisme doctrinaire des assemblées et leur résistance aux allocations nécessaires, notamment à celles réclamées par TAngleterre, suggéra en 1715 à Tun des représentants de Peno ridée de rendre obligatoire en Pennsylvanie uq statut du règne de Georges 1®*', applicable temporairement aui colonies aussi bien qu'à la Grande-Bretagne, et d'après lequel tout quaker était déclaré incapable de rendre témoignage en justice, de siéger comme juré et de remplir aucun emploi public. On voulait ainsi forcer les Quakers à s^éloigner de la politique et à faire place à d'autres qui comprendraient mieux les nécessités gouvernementale^:. Quoi qu*il en soit, cette résolution imprima une profonde secousse à la province. Les cours de justice composées entièrement de quakers cessèrent de siéger et la marche des affaires fut arrêtée (1). Mais les peuples ne vivent point dans Timmobilité, et les gouvernements qui Toublient sont bientôt rappelés à une appréciation plus saine de leur devoir qui est intimement liée à leur intérêt. L'impassibilité du quaker triompha de cet obstacle, non pas que la mesure fût rapportée, mais on la laissa sommeiller pour permettre aux choses de reprendre leur cours naturel. Penn, qui était quaker, ne pouvait approuver la témérité de son gouverneur; il le révoqua. C'est en 1725 seulement, qu^un ordre du roi rendu en conseil, réintégra explicitement les

(1) lIlLDRETII, vol. Il, p. 23Q.

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