‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 118 sur 226 · POPULATIONS DE LA PENNSYLVANIE · texte numérisé non relu

POPULATIONS DE LA PENNSYLVANIE

membres de cette secte dans la faculté, dont ils avaient joui précédemment, de remplacer le serment par une simple affirmation.

SECTION V

Révision des lois par la Couronne. — Instruction publique négligée. — Crime de sorcellerie. — Penn préside la Cour chargée de jnger. — Mort de Penn (4718). — Variété des races et des sectes. — Naturalisation refusée par la législature. — Le Parlement revendique ce droit.

La Couronne, pendant longtemps, n'avait point usé de son droit de révision des lois de cette province : elle Texerça amplement, à propos de la coordination et de la condensation des lois existantes qui eurent lieu en 1713. Elle rejeta en grande partie celles passées en 1709, 1710 et 1712. De ce nombre étaient les lois concernant l'organisation judiciaire, la fixation des traitements, et surtout celle qui prohibait l'importation des esclaves nègres et indiens. Le roi ne pouvait, en effet, sanctionner un acte qui portait atteinte au commerce de l'Angleterre, quelque réprouvé qu'il fût par une saine morale.

Penn mourut le 30 juillet 1718, laissant la Pennsylvanie très prospère, mais dans une grande indigence au point de vue de l'instruction publique, quoique dans son programme il eut proclamé que cette branche du service était une nécessité de tout bon gouvernement. Cette grande lacune ne pouvait être attribuée qu'aux démêlés sans fin sur des questions de prérogative et aux débals pécuniaires de toute sorte qui troublèrent ce pays. La superstition avait prise sur les habitants, non moins qu'ailleurs, el chose digne de remarque, les annales de la Pennsylvanie constatent qu'en 1684 une poursuite en sorcellerie fui intentée contre un individu et portée devant une cour présidée par Penn lui-même. 11 n'y eut acquittement que faute de preuves (1). Penn dut gémir de cette nécessité que

(1) Gordon, p. 82.

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lui imposaient les mœurs publiques^ et il vit, une fois de plus, combien la pratique abaisse souvent les principes posés au frontispice des constitutions.

Avant d^aller plus loin, il convient de jeter un coup d'œil sur le mouvement d'immigration des popnlalioos européennes qui, de divers côtés, vinrent se souder aux premiers groupes d'origine hollandaise, suédoise et anglaise qui formèrent le berceau de cette colonie. Nous rechercherons en même temps Tinfluence que ces éléments nouveaux exercèrent sur l'ensemble au point de vue politique et religieux.

On a vu que, dès le début, Penn chercha à attirer à lui des émigrants par des avantages territoriaux et politiques. A la faveur des idées libérales qu'il professait en matière de gouvernement, des colons arrivèrent de divers côtés, notamment d'Angleterre, d'Ecosse, de l'Irlande, de la Suisse, de l'Allemagne. On remarquait parmi eux des Quakers, des Episcopaux, des Presbytériens, des Luthériens, des Moraves, etc. Quelques catholiques se ghssèrenl parmi eux. Ils apportaient tous deux causes d^éloignement les uns pour les autres : la nationalité et les préjugés de secte. Néanmoins l'on comptait sur l'intérêt individuel pour amener une fusion nécessaire et faire un tout homogène. D'abord on les exempta de taxes, on leur céda des terres à des prix presque nominaux, on leur conféra libéralement la naturalisation. Mais au fur et à mesure que cette population première s'assied avec un degré d'accroissement suffisant, la colonie songe à sa conservation d'une manière étroite et jalouse. Elle perd de vue son origine et n'accueille les nouveaux venus qu'avec beaucoup de réserve, même avec des conditions peu libérales, quoiqu'ils ne diffèrent point des premiers fondateurs. Déjà la patrie s'est faite : les immigrants de la dernière heure ne sont plus que des étrangers, des rivaux, que l'on arrivera à traiter comme des imposteurs. Il faudra qu'un long temps s'écoule et que le Parlement intervienne pour en faire des nationaux. Ainsi le manifeste politique qui a fait la fortune philanthro-

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