‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 119 sur 226 · POPULATIONS DE LA PENNSYLVANIE · texte numérisé non relu

POPULATIONS DE LA PENNSYLVANIE

pique de Peon deviendra dans l'exécution, comme on Ta déjà vu en parlie, ce que sont beaucoup de programmes, une déception.

Parmi les émigrants qui formèrent le premier noyau de la province, après les Suédois, les Hollandais, figurent des Anglais du pays de Galles, qui, presque tous, étaient quakers. Puis vinrent des Allemands dont Texode s'échelonne principalement sur la première moitié du ivui"* siècle et dont Tensemble arriva à former près du tiers de la population de la Pennsylvanie. Ils appartenaient à diverses communions, surtout à la secte presbytérienne et à celle fondée par Simon Mennon. Quant aux Écossais et aux irlandais du nord de Tlrlande, ils apparaissent à la fin du premier tiers du xvm® siècle et les arrivages se continuent d année en année, dans une notable proportion.

Dans le premier tiers du xvui'' siècle la crainte dominante des Quakers était de voir la Pennsylvanie envahie par les étrangers^ notamment par les gens du Palatinat dont Témigration en 1709-1710 équivalait à une calamiteuse dépopulation. Dès 1721 la naturalisation rencontra de sérieuses difficultés. Bon nombre d'Allemands, qui avaient résidé depuis longtemps dans cette province, adressèrent une pétition à l'Assemblée générale pour être admis à l'exercice des droits de citoyen. L'examen de cette requête fut indéfiniment ajourné; mais en 1724 on passa un bill dont l'objet était de faire droit à la demande des pétitionnaires, à la charge par eux de justifier d'un certificat du juge de paix, attestant la valeur de leurs propriétés et la nature de la religion qu'ils professaient. Cette résolution violait deux principes qui servaient de base à la charte, à savoir : l'égalité entre les freemen et la liberté religieuse pour tous les chrétiens. Le gouverneur refusa sa sanction à cet acte arbitraire (1); mais ce refus ne préjugeait rien sur le fond de la pétition, et telle est la force des préjugés de race et de secte, qu'il s'écoula un long temps avant que

(1) Gordon, p. 208 et suiv.

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justice fût faite. Cet état d'incapacité politique prolongé explique comment les Quakers, qui n'avaient plus peut-être Tavantage du nombre vers le milieu du xvm" siècle, n*en conservèrent pas moins la prépondérance politique.

Dès Tabord, Penn avait fait quelques règlements de naturalisation déjà rapportés en 1705. De cette époque jusqu'à 1740, on ne trouve plus de disposition générale sur ce sujet. L'Assemblée, qui était omnipotente, accordait ou refusait cette faveur, arbitrairement, par des actes individuels (1); mais en 1740, on l'a déjà vu, ce sujet fut pris en main par le Parlement d'Angleterre qui posa des règles générales que nous avons rapportées plus haut.

Les difficultés créées à la naturalisation n'arrêtaient point le flot toujours grossissant de l'immigration. L'on s'évertuait à créer des moyens plus ou moins ingénieux de lui opposer une digue assez forte pour le contenir. C'est ainsi que l'Assemblée générale, dans sa session de 1729, frappa d'une taxe de 40 shillings l'importation de tout étranger qui viendrait s'établir dans la province. Résolution vaine et stérile qui ne fit que stimuler davantage l'immigration, surtout d'Allemagne, au grand profit de la colonie à laquelle les hommes de cette origine fournissaient d'excellents travailleurs agricoles!

L'émigration n'amenait pas seulement des gens libres, mais aussi des indented servants de tous pays, puis des convicts venant d'Angleterre. L'Assemblée voulut décourager ce mouvement en lui opposant de lourdes taxes. Cette mesure eut le même insuccès que l'autre. Comment d'ailleurs empêcher l'Angleterre de diriger ses convicts sur celles de ses provinces d'Amérique qu'elle pourrait désigner dans ce but?

Les nègres furent aussi un élémeni notable de la population de Pennsylvanie. On les reçut comme esclaves, sous le prétexte hypocrite d'en faire des chrétiens. Tous ne s'accommodèrent pas de cette capitulation de conscience.

(i) HiLDRKTH, vol. II, p. dl'Sé

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