‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 120 sur 226 · TRANSFORMATION DES INSTITUTIONS DE PENN · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DES INSTITUTIONS DE PENN

Des pétitions réclamant Tabolition de Tesclavage furent adressées à l'Assemblée; mais lorsque le sujet vint en discussion, la majorité, on Ta vu plus haut, déclara qu'elle n'était point prête pour aborder ce sujet (1701). Cependant il fallait donner satisfaction à l'opposition qui se composait non seulement de ceux qui étaient mus par un sentiment d'Iiumanité, mais encore des colons qui redoutaient le danger croissant d'une insurrection des nègres et du massacre des blancs. L'on frappa de droits élevés l'importation des noirs; mais que pouvaient ces lois contre les intro» ductions frauduleuses? D'ailleurs la Couronne les rejeta sans examen, lorsque le travail de revision des lois de la province lui fut soumis en 1713. Les choses continuèrent donc leur cours (1), sans que la fortune et la vie des habitants en aient reçu aucune atteinte.

SECTION VI

Disparition graduelle des théories de Penn. — Distinction subtile pour refuser des subsides au gouverneur. — Conflits avec les héritiers de Penn. — Érection d'une académie en 1746. — Instruction primaire toujours négligée. — ConOrmation de la séparation des comtés de la Delaware et de la Pennsylvanie.

Penn n'avait pu lutter utilement contre les envahissements de l'Assemblée générale. Sa mort ouvrit une large carrière aux prétentions parlementaires et l'œuvre, qui était l'honneur de sa vie, s'effeuilla graduellement jusqu'à en devenir méconnaissable. La succession de Penn fut recueillie par sa veuve et ses héritiers qui devaient régler leurs droits conformément à son testament dont l'exécution était confiée à des Trustées. Un litige s'éleva bientôt entre eux sur plusieurs points, notamment sur le droit à la souveraineté de la Pennsylvanie et du Bas-Delaware ; mais, sans rien préjuger sur le mérite de leurs prétentions respectives, ils confirmèrent à W. Keilh, un des principaux

(1) Voir sur les divers sujets ci-dessus Gordon, p. 555 et possim, et

HiLDRBTH, vol. H, p. 204.

Quakers, le gouverne.meDt qu'il tenait de Peun lui-même. Cet homme, doué d'une grande dextérité, et comprenant la difficulté des rapports à établir avec TAssemblée, usa de beaucoup de souplesse pour gagner sa confiance, et sut lui faire, à propos, des concessions en retour desquelles il obtint un ample traitement pour lui-même et certaines condescendances pour les besoins du gouvernement, il renonça à exiger le serment des Quakers. Il se prêta à une nouvelle organisation de la justice supérieure et surtout à une émission de papier-monnaie , début d*une triste expérience que firent tour à tour la plupart des colonies. D'un autre côté, il obtint la création d'une cour déquitéy dont il devint le chancelier, d'est-à-dire le juge suprême en tant que gouverneur, faveur toute particulière qui l'investissait d'un pouvoir discrétionnaire. L'Assemblée l'autorisa aussi à former une milice par engagements volontaires. Enfin, sous prétexte de conjurer l'hostilité de TAngleterre contre la secte des Quakers, l'on adopta la loi criminelle de ce pays, dans ses principaux traits, malgré ses prescriptions violentes et sanguinaires si différentes de la législation humanitaire, œuvre remarquable du fondateur. Ce régime barbare, accepté sans protestation^ montre une fois de plus (1) combien Penn était supérieur à la secte à laquelle il appartenait! Fier de sa popularité, Keith, pour flatter l'Assemblée, crut pouvoir «'affranchir de la tutelle du Conseil qui avait été institué près de lui, comme cela avait eu lieu pour ses prédécesseurs. Des remontrances loi furent adressées sur ce point; il n'en tint aucun compte; sa révocation s'ensuivit bientôt. Il fut remplacé par Patrick Gordon en 1726.

Par un revirement d'opinion trop commun dans la vie des peuples, l'Assemblée, qui avait créé une cour de chancellerie personnifiée par Keith, voyant lui échapper ce personnage si docile à son influence, déclara que cette cour était illégale et qu'il fallait, en toutes matières, resti-

(1) Voir sur ces modifications au pacte primitif ^Gordon, p. 185, 56S et pamm, et Hildreth, vol. II, p. 321.

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