‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 123 sur 226 · CHAPITRE XVll · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVll

LES CÀROUNSS.

ARTICLE I*'. — La Caroline du Nord.

SECTION PREMIÈRE

Charte de concession. — Deux points très séparés ont une petite population au nord et au sud. — Avantages offerts aux colons. •— Variété d'origines. — Première forme de gouvernement. — Le grand modèle de Locke.

Lors de la restauration de la royauté, Tambition, mieux vaudrait dire la cupidité des favoris du nouveau souverain se donna carrière. En voyant prospérer les possessions anglaises d'Amérique déjà existantes, ils n'en recherchèrent point les causes; car ils y auraient vu que, tout en faisant la part des faiblesses humaines, le succès de ces établissements devait être attribué principalement au travail, à la frugalité des habitants et au sentiment religieux qui vivifiait leurs efforts. Ces favoris, de haute condition, voulurent à leur tour fonder une grande colonie, et, dans ce but, ils tournèrent leurs vues du côté de la région sud des possessions anglaises d'Amérique, qui pourraient fournir des produits aussi riches que ceux des tropiques et contribuer puissamment au succès de leur entreprise. La soif de Tor ne les entraînait pas seulement, ils voulurent, en outre comme on le verra bientôt, la marquer par une tentative de nouveauté en matière de gouvernement.

Les troubles religieux d'Europe ne pouvaient que contribuer à stimuler l'émigration; ils en dirigeraient le courant de ce côté. A cette époque , le duc d'York n'avait point encore été doté par son frère de la province de New- HoUand, et c'est beaucoup plus tard que Penn, guidé par

Ui LES COLONIES ANGLAISES D'AMÉRIQUE.

de laus autres considérations, devait fonder sa colonie.

En t663, Charles II, à la sollicitation de huit de ses courtisans, leur fit la concession d'un vaste territoire situé au sud de la Chesapeake, embrassant toute la région s'étendanl depuis le détroit d'Albemarle jusqu'à la rivière Sainl- Joîin au sud et jusqu'au Pacifique à l'ouest. La charte, copîiïe en grande partie sur celle de lord Baltimore, rendait les concessionnaires tout à la fois propriétaires du sol et souverains immédiats des populations déjà résidentes et d(' celles qui viendraient successivement s'y établir. Réserve était faite de l'allégeance à la Couronne. Quoique l^intorité des propriétaires embrassât un champ très étendu, aiicirne loi ne pouvait être faite et aucune taxe levée que du consentement exprès des freemen de la province. Sauf rrs restrictions, les concessionnaires propriétaires étaient investis conjointement du pouvoir exécutif et judiciaire; ils pouvaient, comme lord Baltimore, constituer des comtés et des baronnies avec tous les privilèges seigneuriaux et acco^ der telle liberté de conscience qu'ils jugeraient à propos(l). Ajoutons que ce territoire déjà bien étendu fut démesurément agrandi par deux autres chartes accordées aux mêmfô personnages en 1665 et 1667 par le prodigue souverain.

A la date de la première charte, deux points de ces possessions étaient déjà occupés. L'un près de l'embouchure de la rivière du Cape-Fear ; Tautre sur les bords de la rivière Chowan. Le premier de ces deux établissements était dû à des gens de la Nouvelle-Angleterre. On les considérait comme de bons colons, on voulait les attachera ce terrain de leur choix et en attirer d'autres. Jusque-là, ils s'étaient gouvernés à leur guise; il importait de se montrer libéral envers eux. En conséquence, non seulement les propriétaires offrirent à chaque immigrant libre 100 acres de terre pour un prix presque nominal, c'est-à-dire moyennant une rente d'un demi-penny (un sou) par acre; mais encore ils accordèrent aux colons la liberté de conscience

(i) Voir The iwo charters to the proprietors of CaroHna, în-4«, Lon-

"'• fJF^' rv*^;;.' Z'f^'

Page 1