‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 125 sur 226 · TROUBLES DANS LA CAROLINE DU NORD · texte numérisé non relu

TROUBLES DANS LA CAROLINE DU NORD

SECTION II

Résistance au Grand Modèle. — Anarchie. — Gouverneur jeté en prison. — Seth Solhel, l'un des propriétaires-gouverneurs, commet des exactions et est banni.

Lorsque les Caroliniens du Nord furent menacés de passer sous le joug de la nouvelle constitution, ils ne formaient encore qu'un petit peuple (4,000 âmes environ), dispersé dans les bois, vivant d'une existence assez primitive, dépourvu de tous moyens d'instruction morale et religieuse et sentant à peine les liens d'une organisation politique. Leurs ressources se tiraient de la culture du tabac dont ils faisaient commerce avec la Nouvelle-Angleterre, en échange du rhum et d'autres objets nécessaires à leur consommation. Les rapports directs avec l'Angleterre n'existaient pas encore. Le commerce intercolonial était déjà frappé de droits de douane au profit de la métropole, et perçus par des agents du Board of trade (comité du commerce). Ces impôts, très lourds pourdes colonies naissantes, leurs pesaient davantage encore par l'arbitraire qui présidait à la perception et provoquait à la résistance. Une circonstance particulière vint en aide à cette disposition des esprits. Vers 1692, le fondateur de la secte des Quakers, Georges Fox, entraîné par l'ardeur de son prosélytisme, se rendit dans la colonie où déjà se trouvaient quelques-uns de ses adeptes. Il y opéra bon nombre de conversions. Les Quakers proclamaient des idées d'égalité et d'indépendance qui ne pouvaient que fortifier la tendance des Caroliniens du Nord à secouer toute domination. Le terrain était bien préparé pour recevoir cet enseignement, il ne fallait qu'une circonstance favorable pour faire éclater un mouvement (1).

Stevens était alors gouverneur de la Caroline du Nord. 11 devait requérir la mise en pratique du Grand Modèle. La

(1) Bancroft, vol. 1, p. 2i9.

^ mort vint à temps le délivrer de cette rude tâche. L'Assem-

A : blée générale, conformément aux règlements posés parles

" propriétaires eux-mêmes, pourvut immédiatement à la va-

cance en nommant son propre président Cartwright, gou- ^ verneur de la province. Lui-même fut remplacé comme

^ président par Eastchurch; mais à peine Cartwright eul-il

pris possession de son poste nouveau, que les sentiments de l'Assemblée changèrent à son égard. Pendant deui années il eut à lutter contre elle à propos de questions de prérogatives et autres, comme si ce haut fonctionnaire dût être à la merci de ce corps politique, parce qu'il lui devait son élection. Les colons conservèrent pour eux seuls des idées d'indépendance, ils les refusaient aux autres. Lassé de ces luttes sans fin, Cartwright partit pour l'Angleterre où il alla soumettre aux propriétaires l'état des affaires et leur suggérer des réformes utiles. En même temps que lui arrivait à Londres le président de l'Assemblée.

Pendant que les propriétaires délibéraient sur ces commun îcations^ le collecteur des taxes poussait l'application rigoureuse des tarifs de douane, notamment le rappel des UiXiis arriérées; il rencontra de vives résistances qui furent entretenues, sinon augmentées, par l'afflux dans cette province de tous les individus qui, après avoir pris parla 1 insurrection de Bacon en Virginie (1677), furent vaincuset refoulés dans la Caroline du Nord. L'esprit de vengeance, dont ils étaient animés, se trouvait en complet accord avec le mouvement insurrectionnel qui se préparait dans la Caroline; il y donna une impulsion nouvelle. Deux hommes se mirent à la tête du mouvement : Gillam et Culpepper, Tun venant de la Nouvelle-Angleterre où il se chargeait de transports maritimes avec d'autres colonies, et le deuxième déji impliqué dans une sédition qui l'avait fait expulser en Angleterre. Ces agitateurs mirent la main sur le collecteur des taxes et sur sept membres du Conseil qu'ils jetèrent en prison. L'insurrection était donc une levée de boucliers non seulement contre les propriétaires, mais encore contre le Parlement d'Angleterre qui avait créé les taxes. Une assem-

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