PEUPLEMENT DE LA CAROLINE DU SUD
ments insurrectionnels préparatoires à Tindépendance (1). Pendant toute la période coloniale, on n'observe aucune trace d'efforts faits pour créer des écoles, développer le sentiment religieux, encourager et propager la charité publique. A ce point de vue, la Caroline du Nord est restée en arrière de la Caroline du Sud qui, composée d'éléments très différents, montra beaucoup plus d'élévation de caractère. Mais l'esclavage y fut moins multiplié que dans cette dernière colonie où le sol, le climat et la nature particulière de la culture comportaient davantage l'emploi de nègres. Ceux-ci ne comptaient guère que pour une moitié environ dans le dénombrement général de la population en 1715 (2).
ARTICLE II. — Caroline du Sud.
SECTION PREMIÈRE
Variété d'émigranls et de sectes. — Les Huguenots attirés parTAngleterre. — Refus de naturalisation. — Exactions des gouverneurs. — Quit rents refusés. — Anarchie. — Abandon du Grand Modèle. — Esclavage.
La fondation de cette colonie, pas plus que celle du Nord, ne se rattache à une pensée élevée d'indépendance politique et religieuse, mais à un esprit de spéculation mercantile qui répondait peu au programme emphatique du Grand Modèle. En effet, les propriétaires, dès 1670, ayant même que cet instrument de gouvernement eût reçu leur approbation, avaient frété en Angleterre trois bâtiments chargés d'émigrants de ce pays, recrutés sans discernement, et les avaient dirigés sur la Caroline du Sud. 11
(1) HiLDRETH, vol. K, p. 569, 570.
(2) Une statistique plus ou moins exacte, faite par le Board of trade d'Angleterre, fixe ainsi la population relative des deux natures de population de cette colonie en 1715 : 7 500 blancs et 3700 noirs, tandis qu'à la même époque, dans la Caroline du Sud, la proportion était inverse, à savoir : 6250 blancs et 10500 noirs. Voir Hildreth, vol. H, p. 278.
suffisait que ces pionniers fussent aptes à accomplir uq travail manuel, propre à enrichir leurs patrons. Ceux-ci se chargeaient des frais d'embarquement et des provisions nécessaires pendant les premiers temps de la colonisation, sauf à s'en couvrir ensuite sur les produits du labeur des émigrants. Us furent placés sous la direction d'un agent commercial qui devait servir d'intermédiaire entre euxel les propriétaires. Le débarquement eut lieu à Port-Royal (1670) où ils campèrent, pour s'établir ensuite presque à l'extrémité de la péninsule formée par les rivières Aslejel Cooper.En 1672, ils furent rejoints par des Hollandais qui, mécontents de leur condition dans la colonie de New- York, espéraient mieux de leur séjour dans la Caroline duSod. Ce fut le troisième centre de population, appelé Carleret, du nom d'un des propriétaires. On le déplaça un peu plu? tard pour le porter à la pointe même de cette péninsule, au lieu appelé depuis Charleston, qui est aujourd'hui la cité la plus importante de la Caroline du Sud. La grande colonie se trouve divisée alors en trois groupes principaux appelés l'un : Albemarle ou Caroline du Nord, Carterel ou Caroline du Sud, et Clarendon qui avait absorbé Télablissement du Cape Fear et occupait une position intermédiaire entre les deux autres groupes. 11 fut plus tard réuni à l'un d'eux.
Les premiers temps de la colonisation imposèrent aux émigrants de grandes privations voisines de la- famine, et surtout des sacrifices d'hommes qui montraient Tignorauce des auteurs de l'entreprise sur les conditions climatériques de ce pays et leur imprévoyance des éventualités de toute colonisation. Mais ces rudes épreuves semblèrent tremper fortement le courage de ceux qui survécurent et leur inspirer un goût d'indépendance qui devint indomptable, grâce aux obstacles qu'ils rencontrèrent sur leur chemin.
Les propriétaires voulaient faire de suite à la Caroline du Sud l'application du Grand Modèle, en nommant des landgraves. C'était avoir des souverains sans sujets; caria population était encore clairsemée et ne pouvait se prêter