VESCLAVAGE DANS LA CAROLINE OU SUD
question avait un double aspect : conserve^ à Gbarleston le privilège de centralisation , c'était maintenir un foyer d'intrigues où se fortifiait le faisceau de la résistance des colons à tous moyens d'accommodement. Que si, au contraire, on divisait la province en plusieurs centres électoraux, ne multiplierait-on pas les forces de la démocratie? Ces problèmes, très controversés et diversement résolus de part et d'autre, reçurent de l'Assemblée une solution, la meilleure sans doute; car elle ordonna le fractionnement de la Caroline du Sud en plusieurs districts à chacun desquels on attribua l'élection d'un nombre déterminé de délégués pour constituer l'Assemblée, qui se trouva ainsi composée dô trente-six membres. Les propriétaires qui, d'abord, inclinaient pour cette solution, la repoussèrent dès que l'Assemblée en eut pris l'initiative et les choses restèrent dans le statu quo (1716) (1).
Jusque-là, les habitants de cette province s'étaient rési-^ gnés au double veto du gouverneur et des propriétaires sur toutes les mesures proposées par l'Assemblée ; mais les rapports de commerce établis entre les colonies permettaient aux habitants de suivre de près les progrès réalisés dans les institutions de l'une ou l'autre d'entre elles. Vers cette époque, les Caroliniens du sud apprirent que les Pennsylvaniens avaient réussi à s'affranchir du veto des héritiers de Penn, alors que le gouverneur avait sanctionné une loi ou un acte quelconque de l'Assemblée générale. La même faveur fut réclamée pour la Caroline. Mjeux vaut dire que cette prétention fut proclamée par l'Assemblée générale, malgré le dissentiment du chief justice, dont elle chercha à étouffer la voix en le mettant en jugement sous le motif de malversation (1718). Mais les propriétaires, voulant réprimer ces tentatives réitérées d'usurpation de leur aulorité, envoyèrent à leur gouverneur Robert Johnson l'ordre de dissoudre l'Assemblée et d'en convoquer une nouvelle, d'après la loi non abolie, c'est-à-dire à Charleston et non
(Ij HiLDRRTH, vol. II, p. 285*
380 LES COLONIES ANGLAISES D'AMlgRIQUE.
ailleurs (1). Ils révoquèrent trois membres du conseil qu'ils remplacèrent et portèrent le nombre des conseillers à douz? au lieu de sept. Mais cet appel au peufde fut loin de répondre au vœu des propriétaires. Aucun membre ne fut élu pour la législature qu'à la charge d'exécuter le mandai impératif de renverser le gouvernement. Aussi lorsque l'Assemblée fut réunie, elle s'empressa de rejeter une demandt: de subsides de guerre, quoiqu'elle eût pour objet la défen?^ de la colonie contre une invasion projetée à Cuba, et elle se constitua en Convention, tout en invitant le gouverneur à s'emparer de l'administration au nom du roi. Sur son refus, elle s'arrogea le pouvoir de nommer tous lesfonclionnaires en leur imposant le serment d'obéissance à elk seule. Puis, elle expédia en Angleterre un agent char:e de justifier sa conduite et de prier le roi de prendre posse^ sion de la province, en attendant la sentence judiciaire de déchéance. Mieux valait que le gouverneur tînt ses pouvoirs du souverain que d'une Convention; aussi ce prince désigna immédiatement pour ce poste, à titre provisoire, Francis Nicholson. IJne nouvelle assemblée fut convoquée (1721). Elle confirma tous les actes de la Convention, annula toutes les poursuites commencées pour faits relatifs à l'insurrection, régularisa l'action de la justice, réduisit le? émoluments attachés à certains actes, et ordonna que désormais les élections auraient lieu par districts. Le revenu public fut assuré au moyen de quelques taxes dont rAsserobiée greva les liqueurs et d'autres marchandises, même l'importation des esclaves dont l'accroissement inquiélail les esprits. Mais toujours en méfiance envers le poufoir quel qu'il fût, elle nomma elle-même le trésorier charge de la perception de ces taxes, et de plus elle résolut de ne faire d'allocations de traitements que par des votes annuels (2). Nicholson, qui n'ignorait point les aspérités d« caractère de ce peuple, se fit suivre par une compagnie d^ soldats anglais, destinée à assurer la sécurité intérieure et
(i) HiLDRBTH, vol. H, p. 287. — (2) HlLDRlTH, voI. II, p. 282.
-^rr^-^ir \ri\*? ':'-' -■>• •'<^7"v,^>oi^*'7''^ r'^^v^'