‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 147 sur 226 · INSTITUTIONS DE LA GEORGIE · texte numérisé non relu

INSTITUTIONS DE LA GEORGIE

si aisément dans le Nouveau Monde, quand ils étaient les maîtres ! Ce fruit n'était pas mûr. L'est-il partout aujourd'hui? On le Terra dans le cours de ce livre.

La forme du gouvernement nouveau était à peu près celle des autres provinces royales. Il y eut un gouverneur et un conseil nommé par la Couronne. Ces deux organes participaient Tun et l'autre au pouvoir exécutif et ils faisaient fonction de cour suprême de justice. Quant au pouvoir législatif, il était composé du gouverneur, des membres du Conseil et d'une Assemblée générale formée de dix-neuf délégués élus par fractions dans trois districts, entre lesquels fut divisée la province. Tout propriétaire de 50 acres de terre était électeur. L'éligibilité dépendait de la possession, au même titre, de 500 acres. Le gouverneur avait le veto sur les actes de la législature. Les juridictions d'un ordre inférieur à la Cour suprême étaient calquées sur celles des autres provinces royales avec réserve d'appel dans des cas déterminés (1).

A peine le nouveau gouvernement fut-il organisé et mis en œuvre, que quelques hommes complotèrent sa ruine pour mieux assurer la réussite de spéculations contraires à l'intérêt public. Un acte de vigueur étouffa dans son germe cette tentative de révolution; cinq membres de l'Assemblée, qui avaient organisé le complot, en furent expulsés alors qu'elle était en session ; et quoique réduite en nombre, cette Assemblée, d'accord avec le Conseil, n'en passa pas moins divers actes essentiels à la consolidation de la colonie. Ces actes avaient surtout pour objet l'organisation de la milice, l'ouverture de routes, l'exécution d'un phare et le régime de Tesclavage (1755) (2).

La bonne intelligence ne régna pas longtemps entre le gouverneur et l'Assemblée. La lutte d'influence était la même partout entre ces deux pouvoirs; mais ici plus qu'ailleurs peut-être, fallait-il maintenir l'entente entre eux en face d'ennemis redoutables, les Espagnols et les

(1) HiLDRETH, vol. H, p. 453-454. — (2) Le même, p. 455.

Indiens dont le voisinage était immédiat. L'Angleterre le comprit et elle remplaça le gouverneur alors en fondions par Henry EUis, dont le caractère paraissait plus propre à faciliter un accord. La population, en 1757, s'élevait à 6000 âmes et promettait de se développer rapidement; il fallait compter avec elle et savoir oublier les traditions du précédent gouvernement. Ellis se mit bientôt d'accord avec l'Assemblée dont il obtint, en vue d'une guerre possible, les subsides qu'il lui demanda pour mettre la colonie en état de défense. Il entra en négociation avec les Espagnols et les Indiens; les pourparlers traînèrent longtemps. Cependant un traité fut signé avec ceux-ci en 1757. Quaol au danger à courir du côté de la Floride, il était permanent et ne cessa que par le traité de Paris de 1763, aux termes duquel l'Espagne céda à l'Angleterre cette province en échange de l'île de Cuba, et la France lui abandonna tout le territoire qu'elle possédait à l'est du Mîssissipi. Ce traité fut un coup de fortune pour la Géorgie. A une défiance légitime succéda un abandon sans réserve. Les émigrants d'Europe arrivèrent en toute hâte et firent main basse sur les meilleures terres. Les défrichements s'opérèrent arec une activité fébrile, comme si l'on eut eu hâte de regagner un temps précieux dissipé en efforts stériles. On chercha à acclimater le riz et l'indigo, qui réussirent à merveille. Il en fut autrement du mûrier, au succès duquel l'Angleterre attachait une grande importance, en vue de s'exonérer du tribut qu elle payait à l'étranger pour le commerce des soieries. Les inégalités du climat, l'élévation du prix de la main-d'œuvre, furent autant de causes d'insuccès; mais les autres sources de fortune suffisaient amplemeni pour enrichir la colonie et la marine anglaise qui était l'agent des exportations.

Au milieu de l'élan donné aux affaires, des ministres de l'Évangile, notamment des méthodistes, contribuèrent à entretenir le sentiment religieux. L'un d'eux, Whitefield, voulut imprimer sa trace dans les annales de cette province. En effet, après avoir recueilli de nombreuses offran-

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