‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 152 sur 226 · PROVOCATIONS DE L'ANGLETERRE · texte numérisé non relu

PROVOCATIONS DE L'ANGLETERRE

le timbre fnt mîse en discussion et votée à une grande majorité aux Communes et sans opposition à la Chambre des Lords. Cette loi s'appela stamp act (février 1765). Des résistances étaient à craindre; Ton ne pouvait laisser Tapprécialion des litiges qu'elles occasionneraient aux tribunaux locaux; le stamp act en saisit les cours d'amirauté jugeant sans jurés et dont la juridiction fut ainsi élargie au mépris de tous les précédents. Ce n'était point assez de recourir à une justice exceptionnelle, le Parlement fit une démonstration plus significative encore. Par un acte appelé quartenng act, les colonies furent chargées, chacune pour ce qui la concernait, de pourvoir au logement et aux divers besoins des troupes qui stationneraient chez les unes ou les autres d'entre elles.

Toutes ces armes, forgées comme à plaisir pour opprimer et irriter les colonies, couraient risque de faire explosion dans les mains de ceux qui s'en serviraient. L'Angleterre parut ne pas s'en apercevoir dès l'abord ; mais elle fut tirée bientôt de sa quiétude par un mouvement général de résistance qui prit des formes menaçantes. Ainsi lorsque la législation de Virginie reçut la nouvelle du passage du stamp act, elle fut d'abord comme atterrée ; composée en bonne partie d'éléments aristocratiques, elle semblait résignée. Mais soudain, Patrick Henry, Tun des membres les plus patriotes et les plus ardents de cette assemblée, lui présenta un projet de résolution divisé en trois parties, dont lobjet était de réclamer avec insistance les droits de sujets anglais pour les habitants de la Virginie et de protester contre les derniers actes du Parlement. Un débat s'ensuivit, et dans un élan oratoire véhément, Henry s'écria : « César eut son Brutus, Charles 1" son Cromwell, et George III... — Trahison ! trahison! » s'écria le speaker en Tinterrompant aux acclamations de l'Assemblée. Mais Henry, sans s'émouvoir, reprit : « et George HI peut profiter de leur exemple (1). Maintenant, ajouta- t-il, si cela est

(1) HlLDRETH, voL II, p. 526.

m L'INDÉPENDANCE ET U CONFÉDÉRATION.

de la traliison, tirez-en parti! » L^on passa ensuite au Totc, et tant fut grande rimpression produite par l'orateur, que toutes ses propositions furent votées, même la dernière qui était la plus énergique, mais celle-ci, à une voix de majorité seulement 1 L'impulsion était donnée, elle se conimaniqua partout comme une étincelle électrique qui devait remuer chez tous la fibre patriotique.

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