CHAPITRE II
PREMIER ACTE DE VIOLENCE CONTRE l' ANGLETERRE. — FORMATION DES COLONIES EN CONFÉDÉRATION. — INÉGALITÉS ENTRE LES COLO- NIES. — DIVISION DES PARTIS. — RAPPEL DU STAMP ACT. — REPRÉSAILLES EN ANGLETERRE ET EN AMÉRIQUE.
Déjà le Massachusetts avait pris rinitialive d'un congrès des représentants de toutes les colonies, qui se réunirait à New- York, dans la vue de concerter les mesures à prendre dans les graves conjonctures où elles se trouvaient. Mais le peuple, plus enclin à Faction qu'à la délibération, et stimulé par des gens de désordre, n'écouta qu'un premier mouvement de colère. Les timbres préparés en Angleterre étaient attendus; deux fonctionnaires chargés de les vendre étaient nommés. C'est alors que la multitude se répandit dans les rues de Boston. Elle pendit en effigie à un arbre dit de liberté les personnes qu'on supposait favorables au ministère anglais; elle se rua sur les habitations de quelques fonctionnaires qu'elle pilla ou détruisit. Le lieutenant gouverneur lui-même fut obligé de fuir pour échapper à la fureur de ces malheureux ; mais ceux-ci se saisirent de ses papiers et de son mobilier et réduisirent la maison en cendres (1). Ces actes de vandalisme et de violence furent hautement réprouvés par les honnêtes gens. Toutefois cette réprobation resta stérile tant on cjfaignait de sévir au milieu de cette crise palpitante (2). Des scènes d'intimidation et de désordre eurent lieu à cette occasion contre les agents du fisc de cette province et de celles voisines. Un autre danger n'était pas moins imminent: nous voulons parler d'une association libre d'hommes
(1) HiLDRETH, vol. H, p. 527 et Ch. Elliott, History of New-England^ vol. U, p. 252. — (2) HiLDRETH, vol. Il, p. 528.
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