CONGRÈS DES COLONIES A NEW-YORK
nies ne se firent guère attendre. Il est même digne de remarque que deux représentants, Tun du Massachusetts, l'autre du New-Jersey, ayant refusé de signer la déclaration nonobstant l'acceptation de leurs collègues, furent : le premier censuré amèrement, d'autant plus qu'il était président du Congrès, et l'autre brûlé en effigie sur la place publique à Princeton (1). La déclaration et les pétitions à l'appui furent adressées au roi et au Parlement qui purent voir dès lors qu'ils n'avaient plus devant eux des colonies individuelles seulement, mais tout un peuple uni par le même intérêt, animé du même sentiment de liberté et aspirant déjà à une indépendance relative.
Bientôt arriva le moment où les agents anglais voulurent mettre le stamp act à exécution ; la résistance était inévitable ; mais la populace s'abandonna à New- York à des actes de violence qui, rapprochés de ceux déjà commis à Boston, 'étaient précurseurs de gros orages; on glissait sur une pente rapide; la meilleure des causes pouvait être déshonorée par des excès qui la compromettaient aux yeux du monde. Les principaux habitants de New- York se réunirent alors et convinrent d'une résolution dont l'objet était de repousser l'importation des marchandises venant d'Angleterre, jusqu'à ce que le parlement eût rapporté le stamp act. De plus on arrêta les mesures propres à encourager les manufactures coloniales; l'on s'engageait à ne porter que des vêtements fabriqués en Amérique, et à s'abstenir de manger de l'agneau et du mouton pour conserver et augmenter la production de la laine. Ces réj solutions furent généralement ratifiées, quoiqu'imparfaitement observées par la suite. Mais la démonstration fut d'un grand effet et les marchands de Londres ne furent pas les moins empressés à solliciter le rappel du stamp act, ils eurent poUr appui dans le parlement lord Camden, |JPitt etBurkè entre autres, dont l'éloquence et la puissante Argumentation déterminèrent le succès (mars 1766). Ce-
(1) HiLDRBTH, vol. Il, p. 531.
pendant ce ne fut qu*ane demi-satisfaction; car l'acU de rappel se fondait non sur un principe, mais sur une opportunité qui laissait subsister les questions souleTées par les déclarations du Congrès. Cependant quelques-unes des colonies, satisfaites de ce premier avantage, votèrent des statues : la Virginie, au roi; New- York, à Pitt; le Maryland à Pitt et à Camden (1). Ces marques de satisfaction étaient peu réfléchies dès que Ton ne tranchait point la question de principe dans le sens invoqué. L'omnipotence du Parlement au contraire se fit sentir bientôt. Le sugar-act restait debout. Il réduisait, il est vrai, le droit de douane, mais tout commerce direct avec la France était prohibé, quoique profitable aux colons. En 1767 le Parlement institua une commission chargée d'assurer la perception des droits de douane. Il créa une taxe sur le thé et sur d'autres articles d'importation, afin, était-il dit, de pourvoir aux besoins des troupes anglaises et aux émoluments des gouverneurs et des juges royaux. L'Assemblée de New-York, n'ayant accordé que des subsides insuffisants pour les besoins des troupes, fut déclarée incapable de faire aucun acte de législation jusqu'à parfaite soumission au quartering-act (2). Cet ensemble de mesures montrait surfisamment la tendance de l'Angleterre à comprimer tous les mouvements de ses sujets américains. Les esprits étaient continuellement tenus en alarme, surtout à TEst et au Nord, où l'on ne vivait que de commerce et de marine. Plusieurs colonies, par imitation de la résolution prise précédemment par les habitants de New- York, s'engagèrent à cesser Timportation des marchandises anglaises, à ne consommer que les choses les plus nécessaires à l'existence et à encourager les manufactures coloniales, de manière à s'affranchir le plus possible de l'étranger. Pa^ tout la résistance s'organisa. Il la fallait calme et mesurée pour gagner faveur en Angleterre. Cependant le peuple de Boston, difficile à contenir, s'abandonna de nouveau
(1) HlLDRKTH, vol, U, p. 537. — (2) HUJ)RETH,>Ol. U, p. 540.