‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 156 sur 226 · RÉSISTANCE DES COLONIES AUX' ACTES DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE DES COLONIES AUX' ACTES DU PARLEMENT

à des actes de yiolence que repoussait la conscience publique (juin 1768). Les commissaires du revenu, craignant pour leur vie, prirent la fuite, car toute sécurité avait disparu. La répression fit défaut parce que les témoins manquaient pour attester les faits criminels (1). C'est alors que l'Angleterre massa des troupes pour réprimer la rébellion. Elle inaugura Tannée 1769 par un acte qui créa une nouvelle juridiction exceptionnelle, en ce quUl saisit les cours de justice de la métropole de tous les cas de trahison commis dans les colonies ou ailleurs. Désormais ce ne sera plus seulement la liberté, mais la vie des colons qui sera menacée et livrée en proie à des adversaires politiques!

Quoique les tendances fussent les mêmes partout, on différait beaucoup sur les voies à employer. New- York, qui avait été frappé d'impuissance par un acte du Parlement, inclinait vers une soumission partielle ; aussi l'Assemblée de cette province déclara-t-elle se soumettre aux prescriptions du quartering act^ condition à laquelle était subordonné Texercice du pouvoir législatif. Cette résolution provoqua des protestations de la part des patriotes et donna lieu à des conflits avec les troupes. Cet état de choses, qui n'était pas confiné à une seule colonie, révélait de sérieux embarras à l'intérieur du pays. Dans chaque province l'esprit de discipline n'avait pas encore suffisamment pénétré. La population s'y partageait en deux classes bien tranchées : la première, dite classe supérieure {better class), se composait, à proprement parler, des hommes d'éducation, de fortune, du haut commerce. Les classes inférieures constituaient la deuxième. Au milieu des circonstances graves du moment, la classe supérieure se fractionnait en catégories très accusées. C'étaient d'abord les royalistes ou tories qui, plaçant le dévouement à la royauté au-dessus de toute autre considération, lui restaient attachés d'une manière chevaleresque. Puis, venaient les colons qui, sans nier la supré-

(1) HiLD&ETB, YOl. n, p. 544.

matie ^e rÂngicterre, voulaient, parla discussion, l'aine> ner à reconnaitre leurs droits légitimes de sujets anglais, ils étaient qualifiés whigs. Entre les deux camps se tenaient leâ neutres dont les idées indécises font souvent la première proie des révolutions. On voyait encore se délachcr de cette région élevée des hommes d'un tempérament ardent, toujours prêts à repousser les accommodements comme des actes de faiblesse, et qui, au moment le plus critique de la crise, sous le titre de sons ofliberty, étaient animés d'un dangereux esprit de turbulence. Dans les bas-fonds de la classe inférieure s'agitaient les émeutiers, hommes de désordres et de violence, aussi dangereux pour les Américains que pour les Anglais. Ce fractionnement des forces vives du pays n'était pas le même partout, c'est-àdire n'existait pas au même degré. Dans la Nouvelle-Angleterre, où les intérêts commerciaux prédominaient et étaient les plus froissés, les hommes d'action paraissaient plus nombreux et épiaient les occasions d'engager une lutte générale. Au Sud, dont la fortune était moins immédiatement attaquée, les esprits se montraient généralement plus maîtres d'eux-mêmes et plus aptes peut-être à faire face k une situation périlleuse où une poignée d'hommes allait se mesurer avec l'une des plus puissantes nations du monde. Partout néanmoins les colons entendaient par des voies diverses faire prévaloir leurs droits méconnus.

L'Angleterre, s'exagérant l'appui qu'elle pouvait trouver chez les royalistes, se maintenait résolument sur le terrain de ses prétentions premières. Elle ne comptait pas moins sur l'intimidation que causerait la présence de ses troupes pour décourager les séditions. Cependant la concentration de ses forces dans le Massachusetts était une provocation "incessante pour une population très éprouvée et avide iTafrranchissement. Là, le mécontentement se faisait jour pàç; des collisions fréquentes avec des soldats épars; ua pos^ fut même attaqué et harcelé de toutes parts; les soldait^ firent feu et renversèrent huit individus dont trois mortelh^ment et cinq grièvement blessés. La foule se rua

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