ÉMEUTE A BOSTON
cette Compagnie, qu'au lieu d'attendre les ordres d'achat sur lesquels on ne pouvait plus compter, elle ouvrirait des comptoirs de vente en Amérique même, sur divers points, de manière à forcer la vente du thé par l'extrême facilité des approvisionnements individuels. Des envois de cette marchandise furent dirigés sur l'Amérique à des consignataires désignés. Tout était prêt pour Femmagasinement, brsque les colons, informés de ces projets, se tinrent prêts pour les déjouer. Les enfants de la liberté et d'autres encore nommèrent des comités qui arrêtèrent les mesures à prendre. Il fut résolu que partout opposition serait faite au débarquement. Mais les chefs du mouvement étaient-ils assez sûrs du peuple, pour ne pas redouter les excès dans lexécution ? A Boston, où les premiers convois arrivèrent, on chercha à intimider les agents de la Compagnie, et, n'y pouvant réussir, la populace se rua sur les navires en rade et s'empara de deux cent quarante-deux caisses de thé qu'elle y découvrit et qu'elle jeta à la mer. Tel est le respect de la foule pour la propriété individueUe dans ces moments de grande crise. Des actes analogues de violence se passèrent à New- York ; mais à Philadelphie, viUe traditionnellement plus calme, l'on se borna à renvoyer en Angleterre les cargaisons arrivées dans ce port.
A la première nouvelle que reçut l'Angleterre de ces scènes de désordre, surtout à Boston qui était considéré comme le promoteur de toutes les mesures hostiles, le Parlement s'abandonna à une irritation qui ne connut plus de bornes. Coup sur coup, il ferma le port de cette ville, et transporta à Salem le siège du gouvernement du Massachusetts : il attribua à la Couronne, au mépris de la charte de cette colonie, le choix des membres du Conseil et des juges de la cour supérieure et il conféra au gouverneur la nomination des autres juges et de tous autres fonctionnaires. Le choix des jurés revint aux shérifs et non aux selectmen. Tout town-meeting fut prohibé, excepté pour les élections des agents locaux. Un troisième bill, applicable à toutes les colonies, saisit les cours de justice
442 l'indépendance ET LA CONFÉDÉRATION.
d^ Angleterre de la connaissance de tous procès criminels intentés pour cause de meurtre imputé à des individus soutenant la cause du gouvernement; un quatrième bill confirmait Iv tjftarteriiig act^ et le cinquième accordait au Canada, province nouvellement acquise, plusieurs avantages destituas à détourner ses habitants de faire cause commune avec les autres colonies dans leur rébellion. Tous ces actes destinés à ruiner les Bostoniens ne suffisaicnl pa^^ encore : sept régiments furent dirigés sur leur cite pour Itis tenir en respect, comme on eût fait d'un pays nouvellemenl conquis, impatient du frein subi pour la première fois. L oppression appelle les représailles, et rien n'est plus légitime (|ue celles d'un peuple que son gouvernement ruine en viola til la loi et qu'il plonge dans le désespoir ! Les Bostoniens ne se firent point faute de harceler les soldats épars, de les provoquer à la désertion. Puis les citoyens résidant hors de la ville reconstituèrent leurs provisions en munitions de guerre et se façonnèrent aux exercices militaires (1).
(i^ Samuel Elliott, Manual historyy p. 200, 201.
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