‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 160 sur 226 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

PROTESTATION DU CONGRÈS DE FIDÉLITÉ A l'aNGLETERRE SOUS LE RESPECT DES DROITS DES COLONIES. — COMMANDEMENT EN CHEF DES FORCES DE LA CONFÉDÉRATION CONFIÉ A WASHINGTON. — GRANDE LEVÉE d'hOMMES. — ÉMISSION DE BILLETS.

Une vive impulsion était donnée au pays lorsqu'un nouveau Congrès continental s'assembla à Philadelphie le 10 mai 1775, en conséquence de la recommandation qui en avait été faite par le précédent. Toutes les provinces, sauf la Géorgie (1), tinrent à honneur d'y envoyer des délégués choisis, soit par les législatures locales, soit par des con- Tentions spéciales. Leur mandat n'était point hostile à l'Angleterre. Il exprimait même, de la part de quelques colonies, l'espoir d'un rétablissement de l'harmonie avec cette puissance. Cependant une force des choses supérieure entraînait les esprits, et il devenait de plus en plus douteux, après le combat de Lexington, que l'orgueil de l'Angleterre consentît à s'abaisser devant ses colonies. Quoi qu'il en soit, le Congrès se mit à l'œuvre et prit en main la cause commune, sans immixtion néanmoins dans le gouvernement intérieur des provinces. 11 devint tout à la fois pouvoir législatif, exécutif et parfois judiciaire; mais la sanction lui manquait et les colonies, habituées depuis longtemps au gouvernement parlementaire, ne pouvaient abdiquer entièrement entre les mains de ce gouvernement nouveau qui n'avait aucune racine dans le pays. La persuasion seule pouvait les amener a l'exécution. La tiédeur, sinon l'éloignement de très bons esprits pour toute mesure énergique, décisive, imposait à cette assemblée beaucoup

(i) La Géorgie n^envoja de délégués que pour la session tenue en septembre de U m^me année.

de retenue. Son premier acte fut de protester contre toute intention que Ton supposait aux colonies de se soustraire à Fallégeance de la Couronne. Elle exprima, au contraire, leur vif désir d'un arrangement durable, mais en même temps elle déclara que son impérieux devoir était de mettre le pays sur un pied complet de défense contre toute tentative dont l'objet serait de soumettre les habitants au système de taxation décrété par le Parlement Une pétition au roi fut votée, comme si Ton espérait de lui une influence utile sur cette assemblée omnipotente; on prépara une adresse au peuple de la Grande-Bretagne et d'autres encore, dont une au peuple opprimé du Canada (26 mai 1775). Cependant la Nouvelle-Angleterre ne cachait plus guère ses aspirations vers l'indépendance. Peut-être même le combat de Lexington n'eut-il d'autre but que d'entraîner les irrésolus et de ne laisser entrevoir d'issue favorable que par la voie des armes.

Les événements paraissaient devoir se précipiter : les forces anglaises concentrées dans la ville de Boston attendaient des renforts. La prudence conseillait de prendre les devants et d'augmenter la petite armée levée par la Nouvelle-Angleterre seule et à ses frais. Cette année d'ailleurs était bien près de se disloquer à cause des engagements à court terme des hommes qui la composaient et de Téchéance prochaine de leur libération. Dans ces circonstances, le Congrès se mit à l'œuvre et nomma dans son sein des comités qui furent chargés d'étudier toutes les questions relatives aux enrôlements, aux subsistances et aux munitions, et de préparer un règlement militaire. Tout était à improviser, et Timprovisalion est souvent fatale à la guerre. La responsabilité était lourde ; mais la cause était grande et les résultats espérés hors de prix. Déjà le combat de Lexington avait appris aux Anglais que leurs adversaires n'étaient point à mépriser. 11 fallait maintenir cette impression favorable et dans ce but reformer les cadres, presser les enrôlements et imposer à ces jeunes phalanges Tesprit de corps et la discipline, conditions

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