LES LOYALISTES AMÉRICAINS
rattachaient à la royauté, c'était moins pour elle parfois, que parce qu'ils la considéraient comme une égide contre le peuple dont ils redoutaient Teffervescence et les écarts. Ces appréhensions étaient légitimes à cette époque révolutionnaire où les rênes du gouTernement flottaient partout, et où la répression était sans force et le principe d'autorité ébranlé, souvent même méconnu. Ces hommes n'en furent pas moins l'objet des violences de la populace, qui commit sur eux toutes sortes d'indignités. Le Congrès voulut les protéger contre ces excès pour l'avenir, et il créa dans ce but des comités d'inspection destinés à surveiller et à garder de près les tories et les personnes suspectes dans les divers comtés et districts ; mais les difficultés de la tâche nécessitaient des choix éclairés. 11 n'en fut pas toujours ainsi et d'honnêtes gens furent victimes de ce pouvoir despotique (1776) (1).
Dès le début de l'année 1776, Washington se trouvant à la tête d'une petite armée, improvisée en grande partie, se décida à resserrer le blocus de la ville de Boston et à en faire le siège régulier, par terre et par mer. Des négociations ouvertes avec les autorités de la ville permirent aux troupes anglaises de s'embarquer, résolues à abandonner la place sans coup férir, mais emmenant avec elles i, 500 loyalistes qui firent à leur cause le sacrifice de tout ce qu'ils possédaient. Washington prit possession de la place et tourna bientôt son attention vers un autre théâtre (mars 1776).
(1) HiLDRETH, vol. III, p. 138.