CHAPITRE VI
DÉGLAEJLTION d' INDÉPENDANCE. — INCONSÉQUENCE DE Là THÉOBII DE JEFFEESON SUE l'ÉGÂLITÉ NATIVE DES HOMBIES.
Les idées d'indépendance gagnaient du terrain. Les opérations militaires étaient engagées; toute incertitude devait cesser sur le principe d'autorité, et, en faisant on pas décisif, le Congrès enlèverait beaucoup d'illusions, découragerait d'imprudentes espérances et rallierait ih cause générale bon nombre d'esprits irrésolus. On parut le comprendre, et, dans la séance du 7 juin 1776 Richard- Henry Lee, l'un des membres du Congrès pour la Virginie, fit à cette assemblée une proposition conforme aux instructions qu'il avait reçues de la Convention de cette province. Elle portait que « les colonies unies étaient et devaient être des États libres et indépendants, et que toule attache entre eux et la Grande-Rretagne était et devait être entièrement rompue. » Une particularité de cette séance mémorable mérite d'être signalée. Le journal du Congrès ne mentionne ni le texte de la proposition ni le nom de son auteur, pas plus que les noms de ceux qui en soutinrent l'adoption, « comme si, dit un historien américain, le Congrès sentant sa propre faiblesse, dans une circonstance si solennelle, eût retenu son haleine et n'eût prêté aucune attention à ce qui se passait (1). » On peut expliquer ceto grande circonspection en se représentant combien peu l'opinion publique était caractérisée. Chaque colonie diversement affectée par les événements, et plus ou moins travaillée en sens contraire par les partis, laissait planer bien des incertitudes sur le résultat d'une lutte armée.
î^Y (1) Samuel Eliot, Manual Hislory, p. 222.