LA DÉCLARATION D*INDÉPENDANCE
« égaux et dotés par le créateur de certains droits inalié- « Dables, parmi lesquels figurent la vie, la liberté et la <( recherche du bonheur. » Sans nous arrêter à discuter la première partie de cette proposition, que nous considérons comme fausse de tous points, nous pensons que les auteurs du projet n'en avaient pas mesuré la portée. Les Indiens et les noirs n'étaîent-ils pas fondés en effet à s'emparer de cette théorie et à dire aux Américains révoltés : Si ce que vous dites est vrai, rendez-nous la liberté; car nous aussi nous sommes des hommes, créés vos égaux, et c'est par Tabus de la force que vous nous tenez en esclavage! Qu'aurait eu à répondre Jefferson qui, lui aussi, était propriétaire d'esclaves noirs? Les Anglais, à leur tour, ne pouvaient-ils leur dire : Quel cas faites-vous de vos principes? Ne seraient-ils vrais qu'au delà de TOcéan, et point en deçà? Quoi qu'il en soit, si l'heure de la justice avait sonné pour les habitants blancs des colonies, elle devait se faire attendre longtemps encore pour les hommes de couleur!
Dès la déclaration d'indépendance, il n'y eut plus ni colonies ni métropole. Treize États surgirent et prirent leur place, sous le titre d'États-Unis d'Amérique, dans le monde civilisé. 11 ne leur restait plus qu'à se relier entre eux au moyen d'une confédération qui donnerait de Tunité à leur défense contre la Grande-Bretagne. Là était le redoutable écueil de la situation; mais, s'il importait de bien cimenter l'union de ces jeunes États, il n'était pas moins nécessaire de pourvoir à l'organisation intérieure de chacun d'eux, et par eux-mêmes, en toute indépendance.
Disons cependant qu'à très peu d'exceptions près, la révolution américaine n'eut point pour but d obtenir une plus grande somme de liberté intérieure, mais d'affranchir les provinces de toutes les charges fiscales que l'Angleterre accumulait sur elles à plaisir, et de renverser les entraves mises à leur commerce, à leur industrie, à leur marine. Aussi n'y eut-il rien à changer par quelques États à leurs institutions alors existantes. Quant aux autres, ils
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s'éloignèrent peu des chartes qu'ils avaient obtenues sons .e régime précédent, ou bien ils maintinrent les garanties acquises par la possession sous le gouvernement royal. Nous allons donner une analyse succincte des constitutions successivement adoptées par ces États, soit avant, soi! depuis la déclaration d'indépendance.
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