‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 173 sur 226 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

PREMIERS BEVERS. — GRANDES DIFFICULTÉS POUR GRÉER UNE ARMÉE. — PRÉTENTIONS DES ÉTATS ET DES CLASSES. — RÉSISTANCE DES MILICES.

En s'éloigoant de Boston, Washington avait transporté son quartier générale New- York, d'où il pouvait observer les mouvements de l'ennemi (13 avril 1776). Mais dans cette ville, il ne se trouvait pas en sûreté, environné qu'il était de loyalistes et exposé à tous les pièges que la haine pouvait imaginer. En lui résidait la grande force des Américains. Un complot fut formé pour s'en emparer, l'embarquer sur un des bâtiments en rade et l'expédier en Angleterre (1). Mais cette tentative fut déjouée à temps, à la honte de ses auteurs. La retraite du Canada qui fut, comme on l'a vu, une véritable déroute, ne laissait que des débris d'une petite armée désorganisée et très éprouvée par les maladies et Tinsufiisance de vivres et de vêtements. La frontière,, de ce côté, était bien découverte. D'un autre côté, l'armée anglaise avait reçu de nombreux renforts qui se portèrent sur Long-Island, où le général Howe, qui en était le commandant en chef, livra bataille aux Américains. 11 leur fit subir un échec complet et des pertes sérieuses (27 avril 1776). Il poursuivit sans retard ses avantages et fut bientôt près de New- York. Washington, obligé d'évacuer cette place, porta ses forces sur les hauteurs de Harlem, où il se retrancha, de manière à n'avoir rien à redouter de l'ennemi si les troupes voulaient montrer un peu de bravoure. Mais, écrivait-il alors, « l'expérience m'a démontré, à ma grande affliction, que cela était plus à craindre qu'à espérer (2). »

(l)HiLDRETfl, vol. m, p. 141. — (2) Washington, Writings^ vol. IV, p. 72, 81.

Les défaites se succédèrent rapidement. Les Américains, Aaincus dans un combat naval sur le lac Champlain, se virent obligés d'abandonner la forteresse de Crown-Poinl et quelques autres forts sur l'Hudson. Washington conserva néanmoins les hauteurs de Harlem, où il laissa de forces suffisantes pour garder ce point important. Avec le reste de ses troupes, c'est-à-dire avec une poignée d'hommes qui ne lui inspiraient que peu de confiance, il se replia sur le New-Jersey, où il ne tarda point à apprendre la perte de Newport, la deuxième ville maritime de la Nouvelle-Angleterre dont l'ennemi s'empara sans coup férir (8 octobre 1776). Serré de près dans sa retraite sur le New- Jersey, Washington recula jusqu'au fleuve Delaware qu'il franchit à travers les glaces, en assurant ses derrières. Le Congrès, qui ignorait les projets de l'ennemi et redoutait la prise de Philadelphie, se retira à Baltimore où il tint provisoirement ses séances (12 décembre 1776) (1).

Déjà, lorsque Washington eut opéré sa première retraite sur les hauteurs de Harlem, il avait essayé de faire comprendre au Congrès la nécessité d'une refonte de Farmée sur des bases toutes différentes de celles précédemment admises. Ainsi, au lieu d'une force militaire bigarrée, recrutée partiellement. État par État, moyennant des prîmes et pour des durées de services différentes, et en tous cas insuffisantes, et dont les contingents étaient commande par des officiers nommés privativement par chaque État, il fallait créer une armée réellement continentale, enrôlée, équipée et commandée par des hommes compétents, dont l'avancement n'aurait point à subir les ingérences locales. Le Congrès aurait pu entrer dans ces Tues; mais l'abnégation provinciale n'était pas encore prête pour ce sacrifie à l'idée de patrie ; aussi ne prit-on qu'un moyen terme qui ne répondait guère aux idées de Washington. En effet le Congrès décréta (16 septembre 1776) une armée composée de quatre-vingt-huit bataillons à fournir par

(4) HiLDRETH, vol. IIÏ, p. 161.

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