CHAPITRE X
DICTATURE CONFIÉE A WASHINGTON POUR RENVERSER TOUS LES OBSTACLES A CRÉER UNE ARMÉE. — ENGAGEMENT d'oFFICIERS ÉTRANGERS*. — SERMENT AUX ÉTATS-UNIS EXIGÉ DES LOYAUSTES.
• Une armée engagée dans une lutte constante et sur plusieurs points à la fois, ne peut se maintenir et proportionner sa force aux obstacles à renverser, au but à atteindre, qu'autant que l'autorité veille et pourvoit à son recrutement successif. Washington s'en reposait, à cet égard, sur le Congrès et surtout sur les États ; mais souvent il ne rencontrait qu'inertie, pour ne pas dire désafifection de la cause révolutionnaire. Cependant il fallait craindre des entreprises nouvelles d'un adversaire plus expérimenté, et qu'aurait-on à lui opposer ? Washington n'hésita point î\ faire au Congrès de vives représentations qui n'étaient que l'écho affaibli des plaintes amères qu'il exprimait dans sa correspondance privée. Cette assemblée, bien convaincue enfin des grands périls de la situation, prit une énergique résolution tout à fait antipathique à la tradition et aux mœurs américaines, mais commandée par le salut public. Elle autorisa, en conséquence, Washington à former seul une armée supplémentaire qu'il recruterait partout où il le jugerait utile, sans distinction entre les États. Cette armée comprendrait 16 nouveaux bataillons indépendamment des corps spéciaux. Il les équiperait, il en nommerait les officiers, avec pouvoir de les révoquer, jusques et non compris le grade de brigadier général. 11 adresserait aux habitants de tous les États toutes les réquisitions qu'il jugerait utiles pour l'armée, sauf à indemniser les réquisitionnés. Son autorité s'étendrait jusqu'à ordonner l'arrestation et l'emprisonnement, même la mise en