‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 178 sur 226 · SERMENT AUX ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

SERMENT AUX ÉTATS-UNIS

Le CoDgrès, en faisant ce pas décisir, assumait une lourde responsabilité; car il conférait des pouvoirs exorbitants qui ne lui avaient été octroyés à lui-même ni explicitement ni implicitement^ et de plus il se rendait seul juge de Topportunité de l'exercice de cette dictature militaire. Les Etats pouvaient s'alarmer de cette attitude impérieuse et la considérer comme une usurpation. Le Congrès se hâta de leur soumettre une sorte de justîfication, en les invitant à déférer aux réquisitions qui leur seraient adressées par Washington, dont le noble caractère était pour eux une garantie contre les abus. L'extrême confiance qu'inspirait ce grand homme rejeta surl'arrièreplan les questions de prérogatives que cette situation n'eût pas manqué de soulever. Les États donnèrent leur adhésion.

A l'époque des succès répétés des armes anglaises, le général Howe avait adressé aux habitants des colonies une proclamation pour les inviter à rentrer dans le devoir; il leur promettait l'oubli du passé si, dans un délai de soixante jours, ils venaient faire acte de soumission. L'état des affaires américaines paraissant alors très compromis, un grand nombre de personnes, surtout les gens riches, vinrent prêter serment au roi d'Angleterre, désertant ainsi la cause de l'indépendance qu'ils avaient appuyée dans des temps meilleurs (ï) (décembre 1776). A peine Washington fut-il investi de la dictature, qu'il lança, à son tour, une proclamation par laquelle il ordonnait à ceux qui s'étaient placés sous la protection de l'ennemi, de se rendre à son quartier général et d'y prêter un serment d'allégeance aux États-Unis; trente jours leur étaient accordés pour satisfaire à cette sommation (2). Le serment ainsi imposé parut exorbitant, car la confédération n'était encore qu'en projet. On ignorait la part d'autorité que les États consentiraient à abdiquer en faveur d'un gouvernement central; aucun lien durable n'avait reçu la consécration constitutionnelle.

(1) HiLDRETH,vol. III, p. 160. — (2) 25 janvier 1777, HiLDRETH,vol. m, p. 170.

486 L'INDÉPENDANCE ET LA CONF&DÊaATlON.

Tousreslaienl libres de discuter les conditions du pacte à intervenir. Dans ces circonstances, à quelle autorité inconnue prèterail-oa le serment exigé? En réalité, ii s'agissait moins d'un serment à donner à un gouvernement, que d'une renonciation solennelle à entraver les opérations de la guerre.

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