‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 184 sur 226 · TRAITÉ D'ALLIANCE AVEC LA FRANCE · texte numérisé non relu

TRAITÉ D'ALLIANCE AVEC LA FRANCE

du Congrès le 5 mai 1778. Aussi lorsque les propositions de conciliation de l'Angleterre furent notifiées au Congrès cette assemblée les repoussa énergiquement, en déclarant qu'elle n'avait rien à entendre tant que l'indépendance ne serait point reconnue par l'Angleterre (1).

Mais si l'alliance avec la France releva les espérances des Américains, elle leur inspira en même temps des illusions funestes. Ils se persuadèrent aisément qu'il suffirait de l'armée française pour vaincre l'ennemi sans avoir à prolonger beaucoup les sacrifices auxquels ils s'étaient jusque-là résignés. Cette erreur fut de courte durée. Us n'avaient parcouru que la moitié de la route et de nouvelles et rudes épreuves les attendaient. Malgré Téloignement volontaire et la proscription de beaucoup de loyalistes, il en existait encore un bon nombre dans quelques Etats. 11 se forma parmi eux des corps de volontaires au nombre de 3,600 environ qui se mirent résolument auser- \ice de l'Angleterre (2). Us jouaient ainsi leur vie et leur fortune; leur haine était d'autant plus à craindre et leurs coups d'autant mieux assurés qu'ils avaient des vengeances à exercer, et ils savaient où frapper.

Une fois encore on procéda à la réorganisation de Tarmée et à la création d'un contrôle qui avait fait défaut jusque-là. D'après les nouvelles combinaisons, les États devaient fournir à l'armée plus de 60,000 hommes; mais l'effectif ne s'éleva jamais même à la moitié, tant le patriotisme s'était affaissé! Du reste, la Caroline du Sud et la Géorgie, eu égard au grand nombre de leurs esclaves, furent dispensées de fournir aucun contingent. Elles n'eurent à pourvoir qu'à leur défense personnelle (3).

La grande dépréciation du papier-monnaie n'offrant plus qu'une rémunération très insuffisante pour tous les services, bon nombre d'officiers résignèrent leurs commissions. Washington, appréciant la légitimité de leurs griefs et ne voulant point se priver des excellents services de ces braves,

(1) HiLDRETn, vol. m, p. 245-246. — (2) Le môme, id., p. 243. — (3) Le même, p. 244.

495 l'indépendance ET LA CONFÉDÉRATION.

rompus an métier des armes, sollicita pour eux, avec nne chaude insistance, la promesse d'une demi-solde viagère qui prendrait cours lors de la cessation de la guerre.

Le Congrès, mis en demeure de se prononcer, se montra hésitant, irrésolu, craignant autant de heurter le sentiment public contraire à la permanence que de froisser Tarméc si digne d'intérêt. Il mit aux voix deux questions principales : 1"* y a-t-il lieu d'accorder aux officiers des gratifications particulières en sus de la solde convenue? 2® en cas d'affinnalive, doit-on entrer dans la voie des demi-soldes viagères à titre de récompense supplémentaire? La première de ces propositions fut résolue affirmativement à la majorité de huit voix contre quatre. Sur la deuxième question, Ton no put obtenir qu'une seule voix de majorité. Le lendemaiu la même question fut reprise et notablement modifiée. L'on décida, en efifet, tout en maintenant l'octroi d'une demi-solde viagère, que les États-Unis auraient la faculté de rachat, moyennant le payement de six années de cette demi'Sûlde. C'était reprendre le lendemain ce qui avait été accordé la veille (27 avril 1778). Enfin le 15 mai suivant, les choses changèrent encore une fois d'aspect. Le Congrès, en annulant les résolutions précédentes, décida que les officiers n'auraient droit en tout et pour tout qu'à f^epl aiuiées de demi-solde qui courraient du jour de la cessation des hostilités. On a cherché à expliquer cette instabilité du Congrès et ses résolutions si contradictoires, surtout si opposées aux idées de Washington, au milieu des circonstances péréclitantes de la cause de rindépendaace, et Vun a dit que le système des pensions était contraire aux maximes et à l'esprit des institutions de ce pays. Accorder dvs demi-soldes viagères aux officiers, c'était créer une classe privilégiée d'hommes qui vivraient aux dépens du [ïublic |>endant le reste de leurs jours. Entrés au service en exécution d'engagements débattus à l'avance et sans aucune autre promesse pour l'avenir, ils n'avaient droit à aucun supplément de traitement à la fin de la guerre. Si quelque chose leur était donné à ce titre, le pays était

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