‹ La république américaine États-Unis; institutions de l'union, institutions d'état, régime municipal, système judiciaire, condition sociale des Indiens; avec une carte de la formation politique et territoriale des États-UnisChapitre 196 sur 226 · NÉGOCIATIONS POUR LA PAIX · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS POUR LA PAIX

ui ouvrir les yeux sur ses plus sérieux intérêts. Une démonstration du Parlement, favorable à la paix, entraîna la chute du ministère de lord North et plaça à la tête des affaires Rockingham, puis Shelburne qui, Tun et l'autre, étaient portés à un accommodement. Des ouvertures de paix furent faites par ce ministère aux commissaires américains. Les négociations traînèrent en longueur, et sous le prétexte, non justifié, que le ministère français voulait sacrifier une de leurs demandes, ces commissaires arrêtèrent'avec l'Angleterre, le 30 novembre 1782, des prélimioaires de paix, à l'insu de la France, au mépris du traité d'alliance, qui prescrivait la participation de cette puissance à toute négociation. Cependant il fallait bien s'en ouvrir au gouvernement français, sans l'assentiment duquel aucun traité n'était valable. Vergennes ne put dissimuler son mécontentement à Franklin qui s'était chargé de cette triste mission, et il lui fit comprendre, en termes mesurés, tout ce que cette conduite avait de répréhensible. Ce commissaire chercha à la pallier en s'excusant d'avoir manqué aux bienséances. C'était ajouter un tort aux autres torts; car non seulement c'était plus qu'un manquement aux égards, que s'étaient permis les commissaires américains, mais une véritable violation d'un traité solennel (1). Qu'aurait donc pensé Vergennes s'il avait pu savoir qu'on lui cachait encore un article secret qui était une perfidie de nature à lui ôter toute confiance dans ces négociateurs? Et lorsqu'on pense que ces hommes étaient surtout Franklin et John Jay, l'on est amené à se demander où s'était réfugiée la bonne foi publique? Quoi qu'il en soit, Vergennes, porté à l'indulgence, voulut bien se borner à cette remontrance. Il fit plus, et comme contraste à cette méconnaissance d'un contrat librement formé, il consentit aux États-Unis un nouveau prêt de 6,000,000 de livres tournois, nécessaire pour faire face aux plus pressants be- Boins de la Confédération! il avait hâte d'ailleurs de ter-

(t) PiTKiN, The political and civil history of the United States fi'om the year 1763. New-Haven, i828, vol. II, p. 149 et suiv.

miner uoe guerre dont les AnjéricuiDS semblaient îoute I faire peser tout le fardeau sur la France. L«& Étals, ea

i* effet, résistaient à] s'imposeF de nouveaux sacrifices, comme

si la cause de la guerre n'était point la leur et comme s îb avaient asse:^ fait pour conquérir leur indépecdancel

ILa paix générale n'était pas conclue; le traité américiîn restait à Tétat provisoire. L'armée forte encore de dis milk hommes était réduite aux derniers eiipédients pour vÎTre. t Celle du Sud manquait nièEne de vêtements pourcouiiir

^ la nudité des soldats {!). On avait trop espéré de la Banfue

du Nord de TAmérique, quoiqu'elle eût déjà beaucoup fsil A» pour un établissement naissant. On accusait Morris Jt?

l'insuffisance de cette ressource. C'était décourager ïm des meilleurs citoyens dans l'œuvre élevée qu'il avait entreprise par dévouement.

Cependant le seul moyen, suivant Washington, de caë- ^ quérir la paix générale, était de maintenir Tannée surir

P pied de guerre, tant par des recrutements successifs ifiïe|

par des allocations à fournir par les États suivant)^ b*soins déclarés par le Congrès, Mais celte assemblée maiquait de l'ascendant moral qui persuade, qui cntnîûed qui est de beaucoup supérieur à l'autorité légale. EH^'^ comprenait. Aussi, pour appuyer ses réquisitions qui restaient négligées ou méconnueSy elle crut nécessairet &î^^ mois de janvier 1782, de recourir h l'intervention bieflveillante de Washington, dont l'influence pouvait èt^e^l^^ grand poids auprès des populations. Les périls de laàili^' tïon faisaient fermer les yeux sur cette inamiiliou aM* maie du chef de l'armée dans les rapports du Congrès a^ï^; les États, 11 est vrai que le désintéressement de ce gw homme et la pureté de sa vie éloignaient jusqna YmA^. d'un soupçon. Cependant l'épreuve était téméraire, el,^* noble caractère eut été capable de défaillance, Taccasil ne lui eût pas manqué de se saisir du pouvoir sMfvém l'armée lui en eut facilité les moyens, dût la guerre ci

(t) HiLDHETîî, vol* in, p. 424.

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